Un album de reprises pour Neal Casal, après la parenthèse rock-rythm’n’blues Hazy Malaze : ces temps-ci le Californien se fait d’abord plaisir, et s’amuse à tirer sur nos cordes lacrymales – heureusement sans les casser… C’est que ces dix chansons, à peine portées par une guitare, voire un piano (et cette voix, immense, bien sûr), transpirent la nostalgie. Mais c’est une sueur bénéfique, qui vous lave du dédain ambiant, de la suffisance crasse : dix covers magnifiques, fiévreuses, habitées, dans lesquelles on se plonge tête première, sans se boucher le nez. Un travail d’orfèvre qui ne pue pas le mercantilisme, pour une fois, ni la paresse : ainsi jouées dans un élan folk-country, ces chansons se parent de nouvelles couleurs, chatoyantes même si légèrement patinées. Ou comment se rendre compte que Johnny Thunders n’était pas qu’un guitariste braillard (rappel : le tribute « I Only Wrote This Song For You ») et Royal Trux un truc garage pour fans de gros larsens qui tachent. Magnifique, comme le reste (« Miss Direction » de Love as Laughter : beau). Et c’est l’occasion de (re)découvrir des songwriters comme Michael Hurley et Gene Clark (des Byrds), authentiques génies de l’americana (avec un grand A). N’oubliez pas le guide ! (PS : un best of de Neal Casal sort également ces jours-ci chez Fargo : « Leaving Traces : Songs 1994-2004 ». Que du bonheur en perspective !)