Pauvre de lui ! C’est la première fois qu’un album de Marc Bianchi sort dignement chez nous, et c’est déjà son quatrième… Comment tel songwriter, à l’écriture si subtile et aérée, a-t-il pu rester coincé à l’embarcadère de l’aéroport d’Austin (Texas) pendant toutes ces années ? Pourquoi la douane l’aurait-elle prié d’ouvrir ses bagages, alors qu’à l’intérieur on y trouve de si belles mélodies ? Enfin des vacances pour cet orfèvre électro-pop, enfin du bon temps passé en notre compagnie. Tous ensemble autour d’un bon cocktail, on écoute les chansons qu’il nous a concoctées : ça commence plutôt bien avec « The Young Machines », instrumental rêveur où chantent les xylophones. On se ressert un verre avant « Tech Romance » et ses violons magiques : quel bonheur ! Très vite nos paupières deviennent lourdes… Quelqu’un aurait-il mis du Rohypnol dans notre Daïquiri ? Mais une décharge de guitares nous sort de cette douce léthargie (« My Girlfriend’s Boyfriend ») : autour de nous ça cause ruptures, divorce, tromperie,… Mieux vaut se rendormir et rêver d’amour, avec en sourdine le très beau « Girl Problem ». Comme c’est bizarre d’être toujours à la masse quand on parle de couples. C’est le cas de Marc Bianchi, qui trompe son malheur en sortant des albums. Tant mieux pour lui : sa pop mélancolique à la Postal Service peut servir de baume au cœur en cas de déprime. « The Luxury of Loneliness » ? Ouais, enfin, c’est lui qui le dit…