Après l’étincelant « Nixon » et l’apaisé « Is A Woman », Kurt Wagner et toute sa clique (combien sont-ils ? Au moins une bonne dizaine…) remettent déjà les couverts, avec rien moins qu’un double album (même si au départ Wagner voulait qu’ils soient vendus séparément). Quoi qu’il en soit, les correspondances entre les deux disques sont nombreuses, ne serait-ce que par leur ambiance : dépouillée, impressionniste, malgré les quelques sautes d’humeur de « No You Cmon », le plus varié des deux. La grande nouveauté chez Lambchop, c’est l’absence du divin falsetto de Wagner sur certains titres : sept instrumentaux en tout, qui révèlent un nouveau talent chez ces dignitaires de Nashville ; celui de subtils arrangeurs d’un film imaginaire qu’on imagine contemplatif et serein… Alors que sur « Is A Woman » la voix de Wagner était mise en avant, ici elle se fait plus timide, quitte donc à tout à fait disparaître. Pour le reste c’est du pur Lambchop, bref c’est toujours aussi splendide, malgré le fait qu’un seul album aurait peut-être suffit… Mais ne boudons pas notre plaisir : deux Lambchop pour le prix d’un, ça fait quand même toujours plaisir. Que reste-t-il aux autres ?