Il y a un peu plus d'un an, le premier album de Geert Maris surprenait son (petit) monde en déroulant son tapis noir de chansons tristes et dépressives, à la manière d'un Polar ou d'un Damien Rice. Depuis lors, ce " Songs of Leaving " accompagne nos plus froides soirées d'hiver, en parfait confident de nos rancœurs amoureuses. Sur ce nouvel album, il est toujours question d'amour déchu sur fond de folk timide et dénudé. Geert Maris est doué pour nous tirer des larmes : quand il caresse son piano ou embrasse sa guitare, c'est exécuté avec l'humilité de celui qui n'a rien à prouver mais tout à donner. Qu'il nous confie ainsi ses peines de cœur sans aucune pudeur suffit pour nous convaincre : voilà l'ami qu'il nous manquait, un être cher qu'on ne connaît pas mais qui comprend nos peurs. Dans une autre vie, on s'échangerait nos disques de folk tout en se confiant mutuellement nos ruptures. Ca nous rendrait plus fort, et l'on oserait à nouveau parler aux filles, le regard fier et la bouche quémandeuse. Pour l'instant, on réécoute ce " Cast in Concrete " avec recueillement, dans l'espoir qu'un jour ces chansons grises se parent de couleurs plus joyeuses. L'amour existe, mais il est bien caché.