C’est avec ce genre de plaque que la confiance en l’industrie du disque reprend. Car qu’une grosse structure comme V2 prenne le risque de sortir une compilation de vieux mento mérite le plus grand respect. C’est Steve Barrow - l’archiviste numéro 1 de la musique jamaïcaine - et son comparse Paul Coote qui ont eu l’idée de faire redécouvrir au plus grand nombre ces quelques pépites oubliées. Enregistrées sur le label du businessman Stanley Motta par la fine fleur des musiciens de l’époque, ces quelques chansons valent la peine d’être redécouvertes. Elles illustrent ce qu’est le mento, la première formule musicale qui s’est développée en Jamaïque, bien avant que le ska apparaisse. L’instrumentation du mento est toute simple : quelques percus, un banjo, des cuivres, un piano et une voix. Mais passé le premier étonnement, il se dégage de ces 18 chansons un charme indéfinissable. Le son est excellent malgré les sources utilisées (les 78 tours de l’époque) et surtout les morceaux sont bons, la palme revenant à « Dry Weather House » et « Monkey Talk ». Les fans d’Harry Belafonte trouveront ici leur bonheur et les curieux de tout poil peuvent y jeter une oreille sans peur, ils ne seront pas déçus.