Jeune singer songwriter à la voix feutrée et câline, Cass McCombs signe, tout au long de ce premier album, onze pépites folk-pop d’une beauté rare. Rien de très recherché pourtant dans ces ballades douces-amères à la mélancolie certaine : une guitare, une batterie, parfois des claviers… Il n’en faut pas plus à Cass McCombs pour nous séduire : cet écrin ligne claire lui suffit. Voilà pourquoi, armé de ce disque, l’Américain ne rate jamais sa cible (notre cœur) : sans esbroufe ni débauche de moyens, il réussit à distiller de belles émotions là où d’autres se seraient englués dans une emphase de Cupidons shootés à l’élixir d’amour. D’ailleurs ce disque ne parle pas d’histoires à l’eau de rose mais de sentiments plus subtils et distincts, voire contradictoires. Partagé entre le cynisme lyrique d’un Lou Reed («période « Berlin ») et le jansénisme glaçant d’un Bill Callahan (Smog) qui serait produit par Nigel Godrich (« AIDS In Africa », le splendide « Bobby, King of Boys Town » et le slowcore « My Master »), Cass McCombs crée la surprise dans le petit monde fermé des songwriters. Vivement la lettre « B ».