Originaire de Gadsden, dans l'Alabama, Jerry est né il y a tout juste 74 ans. Il souffle dans son harmonica depuis l'âge de cinq ans. Un fameux bail ! Gamin, il se produisait dans les rues de Gadsden. Et c’est de cette époque que date son surnom de Boogie. Il est également capable de jouer de la batterie et de la guitare. Ses premières influences répondent aux noms de John Lee Williamson et de Sonny Terry. Mais il se montre aussi fort à l’écoute de Little Walter et de l'autre Sonny Boy, Rice Miller. Au cours des années 50, il enregistre pour les labels Trumpet, Nashboro et Excello. Mais c'est en 1960, à Birmingham (NDR : dans l’Alabama) qu'il met en boîte ses véritables classiques (NDR : parus chez Rex), dont l'instrumental "Steady" et surtout "She's tuff", une compo que les Fabulous Thunderbirds feront revivre bien plus tard, mais avec beaucoup de bonheur. On retrouve ensuite trace de sa discographie chez Okeh et Jewel ; et plus près de nos jours chez Ichiban et Wild Dog.
Jerry McCain est manifestement un des acteurs essentiels de la boogie music et personne ne songerait à lui contester ce surnom qui lui colle à la peau. C'est donc sans surprise qu'il ouvre les hostilités par le titre maître. L’accompagnement est discret, tant la place réservée au son largement amplifié de son harmonica acéré est prépondérante. Naturellement ravagée, sa voix a du vécu. Elle est le complément idéal de son instrument. Jerry maintient le rythme pour interpréter "My new next door neighbor". Le pianiste Clay Sawfford s'intègre bien au décor sonore."Big butt Sara" est du pur McCain. La trame musicale repose toujours sur le boogie. Greg Rowell à la basse, Ardie Dean aux drums et Ralph Lusian à la guitare font preuve à la fois d’une grande sobriété et d’une grande efficacité. La voix fatiguée de McCain laisse le plus souvent possible la voie libre à son harmonica dans lequel il souffle à sa manière, dans les sons très aigus, pratiquement à la rupture mais toujours sous contrôle. Prodigieux ! "Potato patch" est un blues lent, proche des swamp blues que Jay Miller dispensait. Du blues pur, forgé dans la sensibilité exacerbée. Boogie instrumental, "House party boogie" est imprimé sur un rythme modéré. A l’instar du long "Short skirt and big legs", Jerry continue à nous narrer ces petites histoires pleines de piment et de saveur. "Lowdown dirty rat" et les neuf minutes de "Cryin won't do no good" trempent dans le downhome blues comme nous n'en entendons que trop peu de nos jours. Boogie reste un pur et nous dispense un blues à ras de terre susceptible de vous fait hérisser les poils. Son accompagnement est minimaliste. Et il injecte une telle dose d'émotion et de désespoir en soufflant dans son harmonica que nous ne puissions vivre qu’un grand moment de blues! Autre instrumental, "Jimmy roll" libère pas mal d'énergie. Nonobstant la participation de grosses pointures (Jimmy Johnson, John Primer, Jimmy Vaughan, Anson Funderburgh et Double Trouble), "This stuff just kills me" (NDR : son précédent elpee, paru en 2000) m’avait moins fait flasher. Je lui préfère ce "Boogie is my name". Une plage qui s’achève dans un église : la Old Stone Holiness Church de Vinemont, dans l’Alabama. Jerry y échange quelques propos avec les prieurs. Actionné par Ralph Lusian, l’orgue est omniprésent. Et les quelques trop rares notes de l’harmonica majestueuses.
Les labels Blues Leaf et Music Maker sont distribués en Belgique par Luc Ghyselen, Blues Promotion, Spoorwegstraat, 15 – 8930 LAUWE – Belgique.