Eddie Martin est considéré comme un excellent bluesman de la scène anglaise contemporaine. Il possède une très bonne voix, une bonne plume, se débrouille plutôt bien à la guitare et surtout respecte le blues. Que ce soit sous un format électrique ou acoustique, il sort ses albums avec une régularité de métronome, depuis quelques années : "Solo in Soho", « Blue top the Bone », « Fire and Floods”, "Keep on working" et son dernier album, "Pillowcase blues", commis en compagnie de son Texas Blues Group.
Sa voix est très présente et force le respect dès le très roots "Let's move it on". La slide libère une sonorité fort métallique. Une tonalité plutôt menaçante dans le contexte d'un boogie blues feutré. Blues inspiré par le Delta du Mississippi, le titre maître poursuit dans un registre assez semblable. Sa voix réverbère un certain écho. La slide est toujours aussi redoutable. L'accompagnement est minimaliste. "Put the brakes on" nous replonge dans un blues rock bien plus électrique. Ses lignes de guitare sont inspirées des grands du blues ; et en particulier de BB et Freddie King. L'orgue Hammond de Gary Baldwin lui donne la réplique. Eddie aime jouer de la slide, c’est une certitude. Il reconnaît pour principal maître Elmore James. Et lui rend hommage à travers un instrumental séduisant, "Elmore's stomp". Une composition au cours de laquelle, il reçoit un solide soutien de sa section rythmique : Marion Dolton à la basse et Michael Weidrich aux drums. Ballade soul blues balayée par un orgue, un piano électrique et le sax soprano d'Andy Shepperd, "Love is like a river" affiche une facette radicalement différente. "Keep it natural" épouse une forme funky. Taillées au rasoir, les petites grappes de notes répondent à son chant. Il se sent très inspiré par le Texas blues et principalement par l'une de ses grandes influences avouées : Albert Collins. Il adapte fort bien ce style tout en picking. Eddie Martin est impressionnant tout au long de "Cherry Red (335)". Le tempo est vif. On l'imagine relevant le défi devant ses maîtres de toujours : Freddie King surtout, et toujours Albert Collins. Epaulé par le jeune pianiste Paddy Milner, prodige du boogie anglais, l'homme au crâne rasé saisit sa guitare acoustique. Le regard toujours caché par d’épaisses lunettes solaires, il se concentre et chante "Blues took me by the hand". Eddie nous embarque alors dans un blues lent de plus de dix minutes : "Tough but tender". Un morceau très bien interprété qui met en exergue l’orgue Hammond de Gary Baldwin, et puis surtout un long solo d'Eddie. Amorcée très doucement, son intervention monte progressivement en régime, avant de se libérer. Cet opus de bonne facture s’achève en douceur par "Lazy Monday" : la voix d’Eddie Martin et ses cordes acoustiques.