« Stijn pourrait bien être notre Prince national, mais un Prince elektroklash, râblé et pas bégueule, abonné aux plans vintage un peu foireux », écrivions-nous à propos de son impeccable EP sorti il y a quelques semaines (« EP # 01 »). « Euphoric » marque le pas et d’entrée annonce la couleur : tout au long de « Long Time » parcouru de synthés eighties entre Super_Collider et Tiga, Stijn s’impose sans mal comme l’un des plus fiévreux électrojunkie de notre plat pays. Minimaliste, crade et sudatoire, son funk mutant à la croisée de George Clinton, Nik Kershaw et Suicide donne envie de danser en cadence et de bramer sous la boule à facettes. Parfois le Flamand inverse la vapeur et fait preuve d’une enivrante mélancolie (« Wrong » et son groove rachitique, « Is It You » et ses nappes frelatées), mais c’est sur le dance-floor qu’il finit toujours par remporter la mise. Après l’instru morodorien « Euphoric », Stijn se lâche sur « Goldmine », casse-tête à la Jamie Lidell mixant spoken word radioactif et beats hyperkinétiques. Puis c’est « Wiezeddegij ? » (3 titres de l’EP sur 5 sont ici inclus), qui rappelle son premier tube, « Steentjes Gooien », du Prince sous ecsta, les nerfs à vif et les pupilles dilatées. Endiablé et sexy comme un trip en pleines eighties funkadéliques, « Euphoric » porte décidément bien son nom. L’écouter, c’est le réécouter.