Renaud Mayeur a décidé de décapiter ses Guillotines pour enregistrer son nouvel elpee, « Flesh ». Enfin, uniquement en studio, puisqu’en live, il a toujours le soutien de ses anciens bourreaux (?!?!?). En fait, pour concocter cet opus, il a joué à l’homme-orchestre. Et le résultat tient finalement parfaitement la route.
On savait qu’il était un inconditionnel des B.O. de films, et notamment de westerns spaghetti (Ennio Morricone, Sergio Leone), de rock garage et puis de guitare surf. Tous des éléments qu’on retrouve tout au long de « Flesh », mais pas seulement. Parce qu’outre le surf et le garage, Dario Mars explore la prog, aussi étonnant que cela puisse paraître. A cause de séquences de claviers tourbillonnants réminiscentes d’Emerson, Lake & Palmer (NDR : à moins que ce ne soit de Nice). Paru en single « « Keith » est un titre quand même significatif… Maintenant, cet LP cumule les références, un peu comme si Renaud nous invitait à participer à un jeu de piste. Au cours duquel on croise les fantômes de T Rex (le très glam « Watching you »), d’Ozric Tenctacles (le psychédélisme synthétique, atmosphérique et hypnotique de « End of all things »), de Procol Harum (le mélancolique « Uranus », une plage rognée par une sonorité d’orgue vintage), des Animals (l’orgue semble calqué sur le célèbre « I put a spell on you » des Animals tout au long de « Lago »), les Nomads (le long, malsain et très électrique « Revelation »), les Cramps (le tempo tribal imprimé sur le menaçant « Twilight man »), sans oublier Dick Dale et Hank B. Marvin (Shadows) pour les interventions de guitare surf. Des interventions qui peuvent aussi se révéler gémissantes, fuzz, discordantes ou déchirantes. Hormis quatre ou cinq morceaux, chantés par Renaud d’une voix caverneuse, la plupart des titres sont instrumentaux, parfois longs, collant ainsi davantage à l’esprit de bandes sonores cinématographiques qui le hantent manifestement.
Dario Mars se produira ce 27 novembre au Witloof Bar du Botanique…
Et si vous souhaitez en savoir davantage, on vous invite à relire l’interview que Renaud Mayeur avait accordé à Musiczine, en 2017 ici

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