Vast Aire est un des membres du collectif Cannibal Ox, qui en 2002 marqua d’une empreinte indélébile le hip hop de son « The Cold Vein », album dantesque et défricheur. On attendait donc beaucoup de Vast Aire en solo : manque de bol, cet album est loin d’être fantastique. Alors qu’on espérait du MC la même ardeur en solitaire à sauter les barrières et conquérir de nouvelles terres, on se retrouve nez à nez face à une quinzaine de morceaux décevants, old school, mais dans le mauvais sens du terme. Vast Aire semble n’avoir mis en branle pour cet album que le strict minimum de ses talents, pourtant réels. Il y a certes du beau monde en guest : Camu Tao, Aesop Rock, RJD2,… Mais seuls MF Doom et Madlib, comme d’habitude, sauvent le rappeur du naufrage, sur quatre titres sulfureux plus proches du jazz et du funk seventies que du rap futuriste à la Cannibal Ox. On croyait que ce disque allait nous surprendre : il nous laisse au mieux indécis, au pire vraiment déçu. Un coup solo… dans l’eau.