A l’instar de Cody ChesnuTT, Van Hunt flatte nos plus bas instincts en miaulant tel un Curtis Mayfield en rut. Ses baisers volés qui sentent bon la cannelle se dévorent à pleine bouche : douze mignardises nu-soul qui se dégustent jusqu’au dégoût, mais sans sucre ajouté. C’est qu’il faut l’entendre susurrer ses histoires d’amour et de sexe, dans un style moelleux qui rappelle le meilleur de la soul des années 70 (Marvin Gaye, Shuggie Otis, Sly Stone). Van Hunt, en plus, joue presque tous les instruments, parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Et ce qu’il nous réserve, au fil de ses ballades langoureuses et chaloupées, c’est du tout cuit, de l’or black en barre, du stupre en format de poche. « Dust », « Down Here In Hell (With You) », « Out Of The Sky » : devant tant de maîtrise vocale et musicale, on reste bouche bée. Et même lorsque Van Hunt s’essaie à la pop de cabaret (« What Can I Say », à la Ed Harcourt, Rufus Wainwright), il tape dans le mille (au cœur, au point G). Surtout ne pas se fier à la pochette et à son design de lupanar r’n’b : « Van Hunt » est sans aucun doute un des albums soul de l’année, et son auteur un petit génie. Du travail d’orfèvre, appelé à la postérité.