Le vieux Bob vient de fêter son 68ème anniversaire. Et en profite pour en sortir son 33ème album! Dans un style qu’il avait affiché lors de la sortie de "Love and theft", en 2001, et puis de son dernier opus studio, "Modern times", un disque paru en 2006 qui s’était particulièrement bien vendu tant aux States que dans le reste du monde.
« Together through life » baigne parfois dans un climat très 50’s. Pensez au mythique catalogue du label Chess. A l’instar du morceau d’ouverture "Beyond here lies nothin'". Otis Rush n’est pas loin, même si ce mambo évolue sur un tempo nonchalant ; une nonchalance qui enveloppe la plupart des compos de l’opus. Encore timides, les accès de trompette concédés par Donny Herron communiquent un petit parfum exotique à la plage. On distingue la présence d’un accordéon entre les mailles sonores tendues par l’orgue de Bob : c’est celui de David Hidalgo des Los Lobos. Les drums de Georges Recile sont très présents et percutants alors que Mike Campbell (NDR : en règle générale, il est préposé à la guitare, pour les Heartbreakers de Tom Petty) brille aux cordes. Ballade languissante et mélancolique, "Life is hard" est bercée par des accords de mandoline. "My wife 's hometown" marque un retour au blues pur et dur de Chicago. Une version très personnelle du "I just want to make love to you" de Willie Dixon. Sa fondation est d’ailleurs remerciée à juste titre dans les notes du booklet. Un morceau au cours duquel l'accordéon est bien à l'avant-plan. Dylan prend plaisir à puiser dans les racines. Et l’allègre "If you even go to Houston" en est une nouvelle illustration. Empruntant un thème rock'n'roll cher à Chuck Berry, cette chanson nous entraîne sur les routes américaines. Le tempo est indolent. Une superbe compo au cours de laquelle les accords de la pedal steel dispensés par Herron sont très distincts. "Forgetful heart" est incontestablement l’extrait le plus majestueux et le plus réussi de la plaque. Une ballade dylanesque dont la ligne mélodique imparable est soutenue par une orchestration raffinée. Tous les instruments s'emboîtent à la perfection. "Jolene" marque le retour au blues/rock. Bien enlevé, le rythme traduit l’enthousiasme des musicos. Les cordes de Campbell et d'Hidalgo se conjuguent et se décident à rocker et roller. Autre ballade, mais aux accents très mexicains, "This dream of you", met en exergue accordéon, violon gémissant et pedal steel. Beau à pleurer! Blues électrique puissant, "Shake shake Mama" s’écoule de Memphis à la Nouvelle-Orléans, tel le Mississippi, en suivant les méandres de son lit. "I feel a change comin' on" campe une autre ballade ‘dylanesque’. L’œuvre s’achève par "It's all good", un boogie au cours duquel les instrumentistes enchaînent joyeusement leurs interventions. Et pour que votre info soit complète, sachez que l’excellente production a été assurée par Jack Frost.

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