Brutal Truth avait officiellement splitté en 2000. Il a fallu l’intervention de l’ouragan Katrina en 2005 pour que Danny Lilker et ses 3 copains se décident à remettre le couvert. En effet, si Katrina n’avait pas dévasté la Nouvelle-Orléans et par la même occasion détruit tout le matériel du groupe Eyehategod, ces siphonnés du bocal à la bouille de sérial killers sympathiques ne se seraient pas réunis pour participer à l’enregistrement d’un album hommage, opus dont les bénéfices ont permis à Eyehategod de remettre leur carrière sur les rails.
Lilker est un vétéran des scènes trash et extrêmes américaines. On ne compte plus les groupes dans lesquels il a joué : Anthrax (de 1981 à 1984), Nuclear Assault (de 1984 à maintenant), S.O.D. (en 1985), The Ravenous (de 1997 à maintenant), Venomous Concept (en 2003), … pour ne citer que les plus connus. Mais, de tous les combos au sein desquels le bassiste à sévi, Brutal Truth est probablement l’un des plus extrêmes. Je dois avouer, qu’à premier abord, je suis assez réfractaire au grindcore. Le son pourri, les blast-beats et les vocaux style dinosaure qui vomit son quatre heures, très peu pour moi ! Brutal Truth dispose cependant d’une aura un peu particulière. Un statut de groupe culte suscitant une envie de s’intéresser à son cas, au risque d’y perdre une bonne partie de son acuité auditive.
Selon Lilker, « Evolution Through Revolution » combine les meilleurs éléments de toutes leurs réalisations précédentes. Par conséquent, si vous êtes familier de leurs autres albums et que vous aimez leur style, cette nouvelle rondelle devrait vous plaire. Pour les autres, il faut savoir que leur expression sonore est très bruyante. Pour faire simple (et si j’ai bien compris), le grindcore combine les idéologies punk et hardcore au death metal. J’ose espérer que cette explication convient aux experts. En tout cas, pour Brutal Truth, elle correspond parfaitement. 42 minutes de violence pure pour 20 morceaux, faites un calcul rapide : le résultat ne dépasse pas beaucoup plus de 2 minutes par titre. « Evolution Through Revolution » dépote sévèrement. Pas vraiment le temps de respirer. Toutes les plages sont plus violentes les unes que les autres. Cependant, contrairement à d’autres groupes du style, la qualité du son chez Brutal Truth est indéniable. Ce qui rend l’écoute plus aisée pour celles et ceux qui ne sont pas fondus de grindcore. Pour accentuer ce côté ‘accessible’ la formation introduit quelques variations de tempo, notamment sur le très lourd « Detached » ou « Get a Therapist… Spare the world » qui offrent un répit relatif au sein de cet ouragan de riffs. En fin d’album, les New-yorkais nous balancent une reprise furieuse de « Bob Dylan Wrote Propaganda Song », un titre du groupe punk américain Minutemen.
Allez, je l’avoue, malgré tous mes aprioris, j’ai quand même passé un bon moment à écouter cet album. Alors, pourquoi pas vous ?

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