En observant de plus près la dernière galette de Zach Gordon, on peut apercevoir une ligne. Une médiane qui sépare parfaitement le rond de polycarbonate en deux. Cette ligne aurait pu être dessinée en pointillés afin de séparer les deux volets qui composent « March of Zapotec ». D’un coté, un Ep dans la plus pure lignée de « The Flying Club Cup » et de l’autre, un éventail de chutes de bandes au son nettement plus electronica. Un double Ep donc, rassemblé sous le même support.
La mixité des genres profite-t-elle à Beirut ? On en doute. Si des superbes morceaux comme « El Zocalo », « My Wife » ou « On a Bayonet », qui figurent en première partie, ont ce cachet inimitable d’ambiance balkanique, "My Night With The Prostitute From Marseille", "Venice" ou "The Concubine" souffrent quant à eux, de cet apport plus synthétique. Alors que l’Américain excelle dans le recours aux instruments à vent (NDR : notamment les cuivres), il semble moins en phase quand il cherche à remplacer les émotions propulsées à travers les tubes des instruments par des sonorités issues de claviers électroniques. Alors pourquoi avoir rassemblé ces deux univers ? Rompu aux sorties d’Eps, Zach Gordon, aurait pu continuer à nous proposer parcimonieusement des morceaux baignant dans son univers chatoyant, exempt de toute tristesse –des compos qui ont fait sa marque de fabrique– plutôt que nous imposer des exercices… de remplissage. Ne lui en tenons cependant point rigueur. Il faut peut-être comprendre, derrière cette démarche, une volonté commerciale de la part du label. Vous me direz que toutes les excuses sont bonnes pour ne pas jeter la pierre à Beirut ; mais vu le boulot incroyable qu’il accomplit lors de chaque sortie, on lui doit bien cette indulgence…

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