Les cendres de Black Eyes (NDR : groupe punk-noise de Washington) étaient encore chaudes ; et pourtant Daniel Martin-McCormick et Jacob Long décident déjà de fonder leur nouveau projet : Mi Ami. Ils recrutent pour la circonstance le drummer Damon Palermo. Si Black Eyes (Dischord) jouissait d’une réputation de formation bourrée d’énergie, Mi Ami n’a rien à lui envier. Etabli à San Francisco, le trio a rapidement trouvé ses marques sur la scène indie US. Les trois compères apparaissent d’ailleurs comme l’une des découvertes les plus attendues et excitantes de ce début d’été. Après All The Saint, Sholi, Crystal Antlers et j’en passe, Mi Ami est une des dernières révélations du label Touch and Go (NDR : depuis, il a déposé le bilan !)
A première écoute, la musique de Mi Ami a de quoi déconcerter. Les mélodies ne sont pas immédiates. Acérés, les vocaux oscillent entre susurrements et cris. Ils laissent même perplexes. Transcendante et énergique, la section rythmique peut se faire hypnotique. Les accords de guitare dispensés par Daniel Martin-McCormick sont essentiellement sculptés dans le jazz et le funk. Bref, un disque pas toujours facile d’accès. Mais il serait dommage de demeurer sur une telle impression, sans avoir préalablement remis son métier sur son ouvrage. Car au fil des écoutes, passé la phase de surprise, on découvre une solution sonore bien plus cohérente et subtile qu’elle n’y paraît, susceptible même d’intégrer et d’harmoniser de multiples influences, aussi bien africaines que punk. Là où d’autres se sont perdus en route, les Californiens d’adoption se révèlent des maîtres en la matière. En fait, on se rend compte que ces musiciens sont capables de créer du neuf avec de l’ancien. De s’inspirer du passé pour se forger sa propre identité, pour prétendre à l’originalité. On est ainsi constamment envoûté par des ambiances insolites. Que ce soit à travers des titres plus musclés comme « New Guitar » et « Echononecho » ou lors d’une invitation à la transe tribale, magnétique (Peacetalks/Downer). « Watersports », premier elpee de Mi Ami, est une révélation. Et je ne vais certainement pas m’en plaindre…

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