Matt Schofield est un jeune chanteur/guitariste. De nationalité anglaise. Un Mancunien ! Une véritable star ; mais dont le statut n’a été acquis que très progressivement. Musicien brillant, il parvient à conjuguer habilement le blues, le jazz et le rock, en y injectant une fameuse dose de soul. Il est souvent comparé à l'Américain Robben Ford. Ses débuts remontent à 1997. Il tournait alors avec le Lee Sankey Band. Il a même enregistré en sa compagnie. Il a longtemps milité au sein du backing band de la chanteuse Dana Gillespie. Il a ensuite fondé le Matt Schofield Trio, flanqué de l'excellent organiste Jonny Henderson et du batteur Evan Jenkins. Son premier opus, "The Trio, Live", est édité en 2004. C'est également le premier long playing paru sur le label Nugene Records. Dans la foulée, il concocte "Siftin' thru ashes" et "Live at the Jazz Cafe" en 2005 ainsi que "Ear to the ground", deux ans plus tard.
Depuis le trio s’est élargi à un quartet. Mais si Jeff Walker se charge de la basse, Alain Baudry a repris le rôle de drummer. Matt écrit la majeure partie de son répertoire. Il assume également la production.
"What I wanna hear" est imprimé sur un tempo rapide. Manifestement son style est inspiré par Albert Collins. Son maître ! Si son timbre vocal est plutôt frêle, il est très harmonieux. L'orgue Hammond de Henderson enrichit la solution sonore. Schofield libère tantôt un petit filet, tantôt un flot de notes, mais sans jamais sombrer dans la démonstration. Sa technique est constamment fluide, digne même de Robben Ford. Du New Orleans funk agite l’intro de "Live wire". La voix sert de cinquième instrument. Jonny est passé au piano électrique. Ballade savoureuse, "War we wage" libère un maximum de sensibilité. "Betting man" constitue un des sommets de l’elpee. Un blues largement imprégné de rock. Le riff est solide. La rythmique bénéficie d’un traitement de re-recording. La guitare de Matt est intenable. Il atteint ici le sommet de son art, tout en prenant soin de ne pas se départir d’un évident bon goût. Blues lent remarquable, "Lay it down" libère une dose phénoménale de feeling pur. A cause de cette conjugaison entre la voix et les cordes. Qui perdure pendant près de 9 minutes. Magique ! Matt écrase ses pédales pour créer des effets de distorsion –toujours parfaitement maîtrisés, il faut le souligner– sur "Can't put you down", une brève tranche de blues rock. Imprimé sur un mid tempo, "Woman across the river" est un autre blues au cours duquel Mr Schofield se réserve un nouveau solo de cordes. Un exercice de style brillant, mais aussi saturé de feeling. Ballade séduisante, "Nothing left" trahit manifestement des reflets jazzyfiants. La guitare enchante. Les interventions d’Henderson à l’orgue sont bien mises en évidence sur "I told ya". Mais il met son talent au service de son leader. Matt injecte une ponte d’agressivité dans sa voix pour attaquer le "Stranger blues" d'Elmore James. Et ma foi, il n’a pas à rougir de son adaptation. De toute bonne facture, cet opus s’achève par le tendre "Not raining now'.

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