Sébastien Schuller se fait rare. Aussi, son retour pour l’été est une excellente surprise. Son premier maxi, « Weeping Willow » ainsi que son précédent elpee, « Happiness », avaient reçu d’excellentes critiques. Et à mon humble avis, le second opus du Français émigré à Philadelphie devrait recueillir des échos aussi favorables. « Evenfall » en impose par les qualités de sa pop mélancolique ; une musique qui paradoxalement colle parfaitement aux tristes soirées d’automne. Tout au long de cette œuvre, Schuller nous entraîne dans un univers brumeux, délicatement nappé de claviers, aux confins de celui de Radiohead. En moins expérimental, bien sûr.
Si l’ensemble du disque tient bien la route, mes coups de cœur vont aux deux morceaux qui ouvrent l’elpee. Tout d’abord « Morning List », caractérisé par ses notes de piano en apesanteur. Visionnaire, la solution sonore évolue quelque part entre Yann Tiersen (NDR : le piano) et Thom Yorke (NDR : le timbre vocal éthéré, cristallin). On imagine facilement contempler le paysage, l’esprit engourdi, prêt à s’endormir, assis confortablement dans un train de banlieue. Et puis, « Open Oran ». Un single en puissance dont le crescendo irrésistible atteint un des sommets de la pop symphonique. Faut dire que Sebastien a reçu une formation classique ; ce qui lui permet régulièrement de réaliser des B.O. pour productions cinématographiques (NDR : dont ‘Un jour d’été’ de Franck Guérin). Une expérience qu’on ressent très fort tout au long des dix plages de cette plaque. En outre, Schuller est très branché sur l’électronique. Il a d’ailleurs beaucoup recours aux loops et aux samples. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à le considérer comme le pendant français de Get Well Soon (NDR : Allemand, Konstantin Gropper est un personnage tout aussi doué). Et si l’Union Européenne se construisait sur la création de ces talents à l’état pur, histoire de s’affranchir de plus en plus des Etats-Unis ? Schuller injecte une sensibilité toute européenne dans son style électro-acoustique. Ce qui ne l’a pas empêché de faire appel à la formation canadienne Bell Orchestre (NDR : le projet parallèle de Richard Parry et Sarah Neufeld d’Arcade Fire) pour l’épauler. Ils se partagent toute une série d’instruments à vent dont le hautbois et la clarinette. Quant à la mise en forme, elle est tout simplement parfaite. Et la pochette arty.
J’en reviens à ma constatation formulée vis-à-vis du dernier opus de Montgomery. 2009 pourrait bien être l’année du renouveau pour la scène musicale française. Pop/rock, bien sûr. Après avoir concocté « Evenfall », Schuller mériterait la reconnaissance planétaire. Un crédit parfois réservé à certains artistes anglo-saxons qui ne lui arrivent pas à la cheville…

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