Macbeth est un groupe qui n’a jamais eu de chance. En premier lieu, il a eu la mauvaise idée de choisir un nom un peu trop utilisé dans le petit monde du Heavy Metal. En effet, on dénombre trois Macbeth, rien qu’en Allemagne, un autre en Hongrie, un en Estonie, un en Uruguay et le dernier (le plus célèbre) en Italie. Cependant, le Macbeth qui nous intéresse aujourd’hui semble être le premier à avoir choisi ce patronyme en 1985, et ne peut donc pas être accusé de plagiat. Ensuite, le groupe a eu la malchance de se former en Allemagne de l’Est durant la guerre froide. A l’époque, sa popularité grandissante et la violence de ses concerts attire l’attention de la police. Elle leur a interdit de jouer en concert et ferme leur salle de répétition. Dans ces conditions, le groupe, au succès pourtant prometteur, est bien obligé de mettre la clé sous le paillasson. En 1989, suite au démantèlement du rideau de fer, le groupe parvient à rejoindre l’Allemagne de l’Ouest et à donner quelques représentations. Nouveau manque de bol, c’est au moment où leur carrière aurait pu redémarrer que Wittenburg, leur chanteur, décide de mettre fin à ses jours. Le groupe tenta un nouveau come-back en 1993. Cette fois, c’est leur batteur qui décède tragiquement.
Cependant, il en fallait beaucoup plus pour débarrasser le monde de ce Macbeth ! Il se pourrait même fort bien que 2009 soit l’année de la sortie du désert pour ces survivants allemands qui, après 24 ans d’existence, sortent enfin leur premier véritable album intitulé « Gotteskrieger ».
Les compositions de Macbeth ayant mis plus de vingt ans pour nous parvenir, on ne peut pas vraiment dire qu’elles brillent par leur modernisme. La musique du combo est-allemand est identique à celle que l’on pratiquait un peu partout en Europe au milieu des années quatre-vingt, c'est-à-dire un mélange de heavy classique et de trash métal. Cependant, cet énorme délai de gestation à permis au groupe de peaufiner ses compositions à l’extrême et de sortir un disque d’excellente qualité. Evoluant quelque part entre Accept et Kreator, la musique proposée sur « Gotteskrieger » a l’énorme originalité d’être chantée en allemand. Si la langue de Goethe est largement utilisée de nos jours au sein de combos gothiques, indus ou folk métal, elle l’est très rarement dans le métal classique. Espérons que cette singularité aidera le groupe à se distinguer des autres formations.
Après toutes les galères qu’il a connues au cours de sa longue carrière, Macbeth est un combo qui mérite qu’on lui donne enfin sa chance. A vous de lui donner un petit coup de pouce !

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