Ce qui frappe dès le premier morceau de cet album, c’est la virtuosité de Charlène Juarez –alias Chat– au piano. Pas étonnant quand on sait qu’elle a suivi une longue et brillante formation de pianiste classique. Alors pourquoi ne pas s’être lancée dans ce créneau ? Parce qu’en séjournant à Londres, elle y a découvert la pop. De Radiohead à Bowie, en passant par les Doors et le Velvet (NDR : toujours les classiques!) Elle écrit ses propres chansons. Mais il aura fallu attendre d’être repérée par un label portugais sur son MySpace et la rencontre avec Joseph Chédid et Henri Blanc-Francard pour que les événements se précipitent. Et cette « Folie douce » a été enregistrée dans le Labo M, celui de Mathieu Chédid, le frère de Joseph. Si les deux protagonistes ont participé aux sessions d’enregistrement, Albin de La Simone et Pierre Cohen sont également de la partie.
Découpé en 13 fragments, cet opus communique une excellente impression sur les premiers morceaux de l’album. L’inévitable « Alice », le pétillant « Harmony », le très ‘M’ « Maman », le versatile et plus électrique « Les petites choses » ainsi que le syncopé « R ». Arpèges d’ivoires virevoltants, arrangements judicieux et soignés ainsi que textes qui correspondent bien au monde contemporain vécu par une jeune fille de son âge, même si parfois ils peuvent parfois sembler puérils, alimentent sa muse. Bref, tout baigne. Et elle mérite alors bien les compliments flatteurs réservés par la presse hexagonale qui la compare à Camille ou Emilie Simon. Il y a même un titre dans la langue de Shakespeare : « It’s so cold ». Problème, c’est que passé ces premiers morceaux, une lassitude commence à s’installer. Désolé, mais j’ai toujours appelé un chat, un chat… Chat a du timbre, mais manque de registre. Et en optant pour un minimalisme mélancolique, essentiellement tramé sur son piano et sa voix, ses chansons commencent à lasser. Dommage. Un mini elpee aurait suffi.

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