Découvrir un album de Fredo Viola c’est comme ouvrir un coffre secret. Le bois est noble et le verrou argenté. Cette malle a été façonnée par un maître artisan. Tapissée à l’intérieur de soie rouge sertie de fils d’or, un bijou y est déposé. Un diamant ! Posé sur un socle, ce prisme à multi-facettes irradie l’espace qui l’entoure lorsque les rayons du soleil le traversent. Dessinant même un arc-en-ciel sensoriel, dont les différents faisceaux projettent tour à tour grâce, volupté, candeur, mysticisme et romantisme…
Mais qui est Fredo Viola, pour recevoir tant d’éloges ? Un Londonien pure souche. Au cours de son enfance, il a parcouru une bonne partie de l’Europe avant d’enfin poser ses valises aux States. Là bas, durant son adolescence, il se sent déjà attiré par le son et l’image. D’abord chanteur soprano professionnel au sein de la fameuse Bob Mitchell Boy Choir de Los Angeles, il décide de rejoindre la Grande Pomme, où son besoin de maîtriser ses ambitions sur la pellicule le rattrape et le pousse à suivre des cours de réalisateur, à la NYU Tisch School of Arts. Mais il ne souhaite pas abandonner ses expériences acquises ; et construit progressivement son univers, en combinant concepts sonores et visuels.
Son premier essai, « Red States », paraît sous la forme d’un Ep. Et déjà, à l’époque, on discerne cette faculté innée à utiliser toute émotion à des fins ludiques. « The Turn » confirme d’une manière flagrante une capacité de l’auteur à marquer sa génération. Les compos nous entraînent dans un univers féérique, magique, et autorisent, au passage, une sublimation des éléments. « The Turn » agrège harmonie classique et mélodie pop parfaite. Viola y crée le chaînon manquant entre Radiohead à Sigur Ros. Comme si Kate Bush avouait être la mère de Peter Kruder et Richard Dorfmeister. Comme si Sam Bean recomposait le « White Light / White Heat » du Velvet. Baignant au sein d’une atmosphère éthérée, volatile et palpitante, « The Turn » mystifie l’environnement qui tente de percer son mystère. Les envolées lyriques permettent à Fredo Viola de nous entraîner très haut au firmament.
Après avoir écouté un semblable elpee, on met un genou à terre. Et pour nous achever, Fredo nous offre un Dvd, en bonus. Un recueil de clips graphiques susceptible d’assécher la bouche, d’exciter les sens et d’hérisser les poils de la nuque à l’avant bras. Complètement bouleversé par l’expérience, il ne reste plus qu’à refermer le réceptacle, afin de le sauver dans le seul endroit où il mérite sa place : le cœur. Attention, vous êtes prévenus, cette œuvre peut changer le cours de votre existence…

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