Manifestement depuis l’arrivée du nouveau guitariste Nels Cline (NDR : il a débarqué en 2004, et vient de participer au troisième elpee pour Wilco), la musique de la formation chicagolaise s’éloigne de plus en plus de l’americana. Bien sûr les racines sont toujours bien présentes et la formation a toujours autant recours à l’instrumentation acoustique et même à la slide. Mais la mise en forme a tellement été raffinée et lustrée, que les compos trahissent de plus en plus un feeling seventies. A l’instar du morceau maître qui ouvre l’album. Caractérisé par ses gémissements de guitare et sa mélodie allègre, il aurait pu figurer au répertoire de Tom Petty. Une allégresse que l’on retrouve sur le très radiophonique « You never know ». Balisé par de superbes accords de piano et balayé de chœurs, il est caressé par des accords de rickenbacker réminiscents de George Harrison. Quant à l’hymnique « Sonny feeling », il lorgne manifestement vers REO Speedwagon. Ce qui ne veut pas dire que l’opus soit de mauvaise facture. Au contraire ; simplement hormis l’hypnotique « Bull black Nova », hanté par un piano perturbant et magnifié par une embardée d’électricité sauvage, comme la formation la libère si bien en ‘live’, et dans une moindre mesure « One wing », plage dont l’envolée finale en crescendo est particulièrement réussie (NDR : pensez à l’opus « Yankee Hotel Foxtrot »), le reste de l’œuvre est manifestement taillé pour la bande FM. La plupart du temps délicatement découpées dans les cordes acoustiques élégantes, les ballades sont ainsi légion. Depuis la ritournelle « Deeper down », lustrée par une scie musicale et un theremin à l’atmosphérique « Everlasting everyhting », nimbé d’orchestrations symphoniques et d’arrangements à peine perceptibles, en passant par « You and I », au cours duquel Jeff Tweedy et Feist échangent un duo aux vocaux (NDR : les Go-Betweens rencontrent Al Stewart ?), le slow nostalgique « Country disappeared » (NDR : les inflexions de Jeff sont alors terriblement proches de Will Johnson, le leader de Centro-Matic et de South San Gabriel) ainsi que « I’ll fight », une compo mid tempo veloutée par les interventions d’orgue Hammond. A mon humble avis, le septième album de Wilco devrait être rapidement adopté par les programmateurs de ‘Classic 21’…

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