« Upper Air » constitue le second elpee de Bowerbirds, un combo issu de Raleigh (NDR : c’est en Caroline du Nord). Il fait suite à « Hymns For A Dark Horse », paru en 2007. Alors que leur précédent opus souffrait d’une longueur excessive ou s’égarait dans une certaine confusion, celui-ci se limite à 10 plages. Et c’est un véritable soulagement ; car la créativité a été bien mieux canalisée, rendant les compos plus limpides. En outre, les bonnes nouvelles s’accumulent, car ce disque est particulièrement réussi. Il pourrait même devenir un des sommets de l’année 2009, dans l’univers du néo-folk.
Beth Tacular et Phil Moore constituent la clef de voûte du trio. Ils se réservent respectivement l’accordéon et la guitare. Et se partagent quelques percus. Leurs voix sont douces et profondes et se conjuguent à merveille. Troisième larron, Matt Damron se charge des fûts. Excellent sixcordiste Moore égrène ses accords minimalistes et en apesanteur. Au piano à bretelles, Beth joue parcimonieusement. Une approche instrumentale particulièrement épurée qui accentue l’intensité émotionnelle des chansons. Les arrangements sont discrets, soignés et réussis. Ce qui n’empêche pas le combo de diversifier leur instrumentation. Un peu de basse quand même. Comme sur le magnifique « Beneath Your Tree ». De quoi souligner l’aspect sombre et grave de cette compo et renforcer la puissance de la mélodie. Et puis du piano. Très subtil sur le magnifique « Nothern Lights », un morceau caractérisé par les splendides harmonies vocales. La musique de Bowerbirds nous invite à redécouvrir les grands espaces américains. On imagine ces musiciens jouant dans une vieille cabane, perdue quelque part au plus profond de l’Amérique rurale. Quant aux cinéphiles, ils verraient facilement cette solution sonore comme B.O. pour accompagner les films de John Ford.
Non seulement « Upper Air » pourrait être consacré album folk de l’année, mais il possède toutes les spécificités pour entrer dans l’intemporalité. La scène néo-folk indépendante multiplie les miracles depuis quelques années. Après Iron & Wine voici deux ans et Bon Iver en 2008, Bowerbirds se pose comme une nouvelle révélation du folk américain.

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