Derrière The Bloody Beetroots se cache Bob Cornelius Rifo, producteur et DJ nourri à la musique classique. Ce qui se sent à plein nez sur sa première œuvre, les notes de synthés de « Romborama » se rapprochant souvent des travaux de grands maîtres du genre. Une manoeuvre qui le distingue de Justice, auxquels il emprunte parfois trop de gimmicks. Mais « Romborama » opère aussi dans le beat suintant, crade, dégoulinant de BPM. Bref, de l’électro bourru comme il se doit. The Bloody Beetroots compense même l’absence navrante des terribles « Rombo » et « Ezekiel Eats Red Hoodie » par des morceaux presque aussi ravageurs (« Cornelius », « It’s Better A DJ on 2 Turntables », « Anacletus », « House n°84 »,…) et des collaborations bien senties.
Ainsi, The Cool Kids viennent poser un poil courbé de Hip Hop sur un « Awesome » qui fait honneur à son titre. Lisa Kekaula se permet une petite infidélité aux Basement Jaxx en conférant une pointe de volupté au bestial « Talkin’ In My Sleep ». Steve Aoki, lui, s’autorise une incursion tapageuse au cœur de « Warp 7.7 » et un « Warp 1.9 » à réveiller les morts. Seul Vicarious Bliss parvient à calmer les ardeurs de son camarade sur le tendrement hivernal « Little Stars ». Beta Bow tente de faire de même sur un « Second Streets Have No Name » ‘autotuné’, mais le résultat est légèrement moins convaincant.
Flanqué de Tommy Tea dans sa mouture live, The Bloody Beetroots s’est donné une mission et touche à son but en ne tirant que sur deux ou trois ficelles. Moins cérébral que les travaux de Justice, plus énergisant que ceux Data et aussi survitaminé qu’un Crookers, « Romborama » est une valeur sûre en terme d’ambiance sur les dancefloors. Des betteraves sanglantes à mordre à pleines dents.
The Bloody Beetroots se produira en concert ce 24 octobre dans le cadre du festival ‘I Love Techno’.

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