Fondé en 1979 par Ted Falconi, Will Shatter, Steve DePace et Ricky Williams (remplacé au bout de six mois par Bruce Looser), Flipper est un quatuor issu de San Francisco qui s’est forgé une solide réputation en adoptant une attitude punk pure et dure. Leurs sets étaient de mauvaise facture et complètement bordéliques, le public les rejoignant régulièrement sur les planches. A un tel point qu’ils suscitaient le mépris de la part des musiciens issus de la scène underground locale. Pourtant, leur concept était plutôt original : jouer du punk plus lentement, mais aussi avec davantage de puissance. Vous me voyez venir ? Ben oui, Kurt Cobain les considérait comme une de ses influences majeures. A une époque, il portait d’ailleurs un t-shirt à leur effigie (NDR : un poisson mort !) Et les Melvins ont repris deux titres de leur répertoire sur un vinyle. En 1990. Sans oublier l’admiration que leur portait Black Flag et Eric Avery (Jane’s Addiction). Faut dire qu’au fil du temps, leur musique est devenue plus audible. Ce qui ne veut pas dire que les gaillards étaient décidés à se ranger… Et pour cause, on leur reproche d’avoir tagué leur logo un peu partout dans la ville. Et même d’avoir incité leurs fans à faire de même sur les monuments historiques, à travers le monde.
Mais venons-en à leurs albums. Sept enregistrés en studio au compteur, dont cinq (NDR : et trois singles) entre 1979 et fin 1987. « Gone fishin’ » est leur deuxième. Il remonte à 1984. Mieux produites et parfois même élaborées, les compos sont enrichies d’un saxophone. Très présent, il se révèle parfois jazzyfiant. Et puis d’un piano, d’une clavinette et de percussions électroniques. L’artwork de l’opus reproduit fidèlement celui proposé par Subterranean. La camionnette et l’effigie des quatre membres du groupe sont à découper selon les pointillés et à reconstituer. A l’époque, en versant 2$, le label proposait d’envoyer une pochette vide. Le label Domino s’est donc chargé de rééditer ce disque l’an dernier.

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