Originaire du sud de l’Angleterre, Ian Siegal est né en 1971. Il a découvert le blues dès son plus jeune âge, en écoutant Muddy Waters et Howlin' Wolf. Il se met alors à jouer de la guitare ; et à l’âge de 20 ans, il décide de partir à Berlin, où il chante dans la rue. Il revient ensuite à Nottingham. Il y demeurera cinq ans. Puis débarque à Londres où il partage la scène en compagnie de différents artistes ; et notamment le Lee Sankey Group. Il commence alors à se produire sous son patronyme et s’illustre lors des festivals européens. Ce qui va lui permettre un jour, de rejoindre sur les planches, le vétéran Pinetop Perkins (NDR : l'ancien pianiste du Muddy Waters Band), alors âgé de 92 ans. Un épisode qui constitue sans doute le meilleur moment de la carrière du jeune musicien.
Son premier elpee remonte à 2002. Intitulé "Standing in the morning", il sera réédité en 2004 sur le label allemand Taxim. En paraissant sur le jeune label anglais Nugene, son opus suivant, "Meat & potatoes", bénéficie d’une meilleure distribution. A cette époque, il recrute le bassiste Andy Graham et le drummer/percussionniste Nikolaj Bjerre et fixe ainsi déjà le line up de base de son band. L'année suivante, il commet "A bigger plate of meat & potatoes". En réalité, il s’agit du cd enrichi d’un bonus Dvd. Il grave "Swagger" en 2007, un disque pour lequel il reçoit à nouveau la collaboration de Jonny Henderson et Matt Schofield, les compagnons de l'écurie Nugene.
Siegal possède une voix superbe. Puissante, naturelle, relativement ravagée, un tantinet graveleuse. Manifestement idéale pour interpréter son répertoire, largement imprégné de blues. Et elle impressionne dès le morceau d’ouverture, "Slaker". Une roots song dominée par la voix, mais caractérisée par une densité instrumentale impressionnante. A cause des interventions de l’artiste à la slide et puis de celles de Jonny Henderson, à l’orgue. "Hard pressed" baigne au sein d’un climat hypnotique, volontairement funky. La voix d'outre-tombe de Ian occupe tout l'espace. Elle rappelle parfois celle de Howlin' Wolf. La section rythmique accomplit un boulot remarquable pour seconder Mr Siegal, pendant que son ami, Matt Schofield, y ajoute ses accès de guitare rythmique, histoire de consolider l'édifice sonore. Quoique fort intéressante, Quarantine" est une plage peu marquée par le blues. Les climats âpres, enlevé, doux et languissants s’y succèdent naturellement. La sonorité de la six cordes est particulièrement réverbérée. Blues bien en rythme, "Kingdom come" emprunte un motif issu du Delta du Mississippi. La puissance de frappe de notre trio est impressionnante. Et notamment le travail accompli par la section rythmique. Ian en profite pour hurler sa colère. Complainte très roots, "The bleeding cowboy's lament" baigne au sein d’une atmosphère sereine, malgré gravité du sujet (NDR : le tourment du cow-boy ensanglanté). "Like hell" constitue la plus longue plage de l’elpee. Plus de huit minutes sculptées dans un funk paresseux, animé par une guitare très rythmique et nappé par l'orgue Hammond de Henderson. D’une voix douce, mais doublée, Ian interprète "Stealing from the Queen", un blues majestueux tapissé par les accords reverb de la slide. Ian attaque "Little paranoia" sur le célèbre Bo Diddley beat. Superbe ballade aux accents dylanesques, "Take a walk in the wilderness" est illuminée par la voix prodigieuse de Siegal et balayée par l'orgue Hammond chaleureux. Et cet elpee généreux s’achève par "The ballad of Big Foot Chester", une compo véhiculant les accents du blues primitif et acoustique. Ian Siegal est manifestement occupé de devenir un tout grand de la scène british blues contemporaine…

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