Est-ce un hasard si le jeune groupe berlinois I might be wrong a choisi pour nom le titre d’une chanson de Radiohead ? Si une anxiété similaire à celle du groupe anglais habite leur univers, c’est avec bien plus de retenue qu’elle s’exprime ici. Leur nouvel album « Circle the yes » s’écrit comme une boucle, une marche sur place, dans un espace rempli de questions et d’hésitations. ‘We circle the yes, we strike the no, we struggle for maybe – we do nothing at all’ était l’un des chœurs repris en boucle, dans un disque précédent.
Lisa von Billerbeck, songwriter et chanteuse du groupe, également illustratrice de talent, a intitulé l’un des morceaux « Salomon », en référence à cette artiste juive berlinoise qui, en pleine Grande guerre, entreprit de peindre sa vie entière par de très nombreuses petites gouaches étonnement contemporaines. De manière similaire, et pourtant sans narcissisme, I might be wrong butte sur l’impossibilité d’être. La douceur et le bruit des doigts glissant sur les cordes rappellent par moments les Kings of Convenience, l’économie d’effets exprime la tension retenue, la mélancolie tragique.
La répétition de courts thèmes musicaux et textuels (chantés ou presque parlés) évoque cet objet insolite mais néanmoins fascinant où deux boules de métal suspendues à des fils s’entrechoquent et perpétuent le mouvement inlassablement. Joli mais… On aimerait que cette linéarité décolle un peu, que les sages Berlinois osent prendre une direction un peu plus franche, car l’hésitation devient, à la longue, légèrement ennuyeuse.

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