Le TCB est né en 2006, pour accompagner Chris ‘Big Papa’ Thayer. Chanteur/guitariste, ce dernier reconnaît pour influences majeures, Albert Collins, Robert Cray et Louis Jordan. Auparavant, il drivait son River City Blues Band. Son nouveau band est constitué du claviériste Quinton ‘Dr Q’ Hufferd, du bassiste Steve ‘Ice Cream Man’ Brown (NDR : un ex-Strong Persuader Band et surtout également un ex-River City Blues Band) et le drummer Ray ‘Mr Pittz’ Wilson. La formation pratique un cocktail de jump blues, rock et swing. Avant d’enregistrer « 12 Gauge insurance plan », elle avait édité un album ‘live’, "Nice & Greasy", enregistré au Fender Museum & Center for the Arts.
Cet elpee propose une compo signée par le TCB et quinze issues de la plume de leur leader, Big Papa. Mr Pittz ouvre le bal en empruntant le Bo Diddley beat. "Who's yo daddy?" est dynamisé par la rythmique sèche, nerveuse, pendant que l'orgue de Dr Q colore fort bien l'ensemble. Le tempo est très marqué sur "Another man's wife", un blues que chante correctement Big Papa. Ses interventions à la guitare occupent bien l’espace sonore avant qu’il ne décide de s'évader dans un style très personnel! "Money" nous immerge dans le Delta du Mississippi, un blues rock balayé par une slide bien réverbérée que relaie parfaitement le piano acoustique de Quinton. Blues lent, "The fool you left behind" baigne totalement dans les bayous louisianais. La voix se détache nettement de l'ensemble. Le saxophone ténor de Gabe Hartman se réserve une sortie remarquée. Le piano très jazzy du Dr Q et le sax de Hartman entretiennent un R&B bien swinguant tout au long de "Hey there Charlie". Dommage que la section rythmique ne soit pas dans son élément naturel. En traînant, "All I need" est un blues imprimé sur un tempo bien enlevé et traversé par les accès d'harmo concédés par Jumpin' Jack Benny Cortez, invité pour la circonstance. Un profil qu’on retrouve sur " Lovin' man" et "Another ride". "Slow down" s’ouvre dans le country blues acoustique, une forme de roots que Big Papa chante en s’accompagnant à la sèche, avant que le groupe au complet ne débarque pour y changer le rythme, et surtout électrifier largement l’ensemble. Et l’effet est très réussi ! "Saved by you" constitue une parenthèse dans le décor sonore. Une plage minimaliste caressée par la voix de Thayer qui susurre ses paroles face au piano et à de timides percussions, avant que Marianne Keith ne vienne le rejoindre pour poser son timbre éthéré. De bonne facture, "Easy does it" me fait penser au "Get back" des Beatles. Notamment à cause de la présence du piano électrique. Néanmoins le tempo est un peu moins enlevé ; et puis Hartman revient hurler dans son sax pour notre plus grand plaisir. Piano et orgue balisent le rythme de "Little Miss Mischief". Eraillée et chevrotante, la voix de Big Papa lorgne modestement vers celle Joe Cocker. Caractérisé par ses changements de rythme et son chant qui transpire le vécu, "It wasn't me" évoque le "Framed" de Leiber et Stoller. Lancé au galop, "Ain't no tank" campe un rock chargé d’une bonne dose de swing, autorisant une bonne sortie des cordes. Long slow blues, "Dirty bird blues" est empreint de beaucoup de sensibilité et de sens du drame. Guitare et piano tirent leur épingle du jeu ; mais c’est surtout la voix théâtrale de Big Papa qui est mise en exergue. « 12 Gauge insurance plan » évolue bien loin des rythmes habituels du West Coast blues ; et pourtant, ils se manifestent lors de la finale participative, "Go Big Papa!".

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