Parfois, à la lecture des notes de la pochette, on est envahi par une certaine forme d’enthousiasme. Le label, la production, la présence d’un collaborateur notoire peuvent déclencher une semblable réaction. Mais trop souvent, il y a loin de la coupe aux lèvres. Et c’est le sentiment que m’a laissé l’écoute du premier elpee de la nouvelle sensation électro française : Something A La Mode.
Originaire de Paris, ce duo se compose de Thomas Roussel et Yannick Grandjean. Eponyme, cet opus a bénéficié du concours d’Arnaud Rebotini (NDR : particulièrement réputé dans l’univers de la techno underground, cette sorte d’Andrew Weatherall hexagonal est également membre de Black Strobe) à la coproduction. En outre, le tandem a été signé chez Yellow, label historique de la french touch (NDR : une écurie cofondée par Bob Sinclar, à une époque où il répondait encore au pseudonyme de Chris The French Kiss). De quoi naturellement espérer en avoir plein la vue et les oreilles. On est loin du compte…
Pourtant, Salm développe un projet original : mêler musique classique et clubbing ! Le tout est de faire prendre la mayonnaise… Entre deux kicks bien gras et maintes fois entendus par ces tonnes de groupes french touch, se glissent quelques nappes de violon (Thomas Roussel) et de violoncelle (Yannick Grandjean). A ce jour, seul Arthur Russel est parvenu à réaliser un semblable dessein qui tient la route. Unique en son genre, il permet à son violoncelle de s’immiscer dans le disco. Celui de Something A La Mode prête plutôt à sourire. La mise en forme est irréprochable, mais la combinaison des deux styles est plutôt de très mauvais goût… Pour vous faire une petite idée, l’elpee nous inflige ainsi un très baroque « RondoParisiano » featuring Karl Lagerfeld. Oui, oui, le couturier ! Mais rassurez vous, il ne pousse pas la chansonnette… « GString » ou comment pomper les sonorités ‘daftpunkiennes’. Ou encore l’insipide « 5 AM » qui cherche à combiner symphonique, électro et même hip-hop (NDR : à cause du featuring de la jeune emcee west coast, K.Flay). Deux reprises. Tout d’abord « SchubertALaMode », sorte de medley d’airs connus signés par le célèbre compositeur autrichien. Et puis le « Little Bit Of Feel Good » de Jamie Lidell, dont la version originale figurait sur son dernier opus « Jim », paru en 2008.
Même pas sûr que si vous appréciez Apocalyptica et Bond, cette solution sonore vous convienne. Et de toutes manières, pour les autres, il vaut mieux passer votre chemin. Il ne faut pas aller trop loin pour trouver bien mieux ailleurs…

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