Mi-anglais, mi-norvégien, Krissy Matthews est né en mai 1992. Son père, Keith, est également musicien. Et se débrouille tant à la quatre qu’à la six cordes. Mais il détient toujours la nationalité britannique. A l’âge de 12 ans, soit en 2004, Krissy monte déjà sur les planches du fameux Notodden Blues Festival, en compagnie de John Mayall et ses BluesBreakers. Il crée ensuite son band aux Iles Britanniques, le Krissy's Blues Boys, impliquant son paternel à la seconde gratte. Un an plus tard, la line up est réduit à trio, son papa passant à la basse. Et un premier elpee paraît en 2005 : "Influences". Deux ans plus tard, ils se rendent en Norvège pour concocter leur second long playing : "No age limit", avant de rejoindre la France pour se produire au Blues Autour du Zinc. Janvier 2009, père et fils entrent aux studios Mars de Chesham, en compagnie du bassiste Chris Sharley (NDR : un ex-Mick Clarke Band) et du claviériste Mike Smith. Et y concoctent leur troisième opus, « Allen in reverse »…
La plage éponyme ouvre le disque. Un démarrage en force hanté par l’esprit de Jimi Hendrix. Du rockin' blues plutôt percutant, bien construit, caractérisé par des changements de rythme. Les accords de guitare sont bien sculptés. Krissy adore appuyer sur ses pédales. Sa voix est fluette. Pas étonnant, vu son jeune âge. L'intro de "When times were hard" libère une intensité dramatique. La guitare est très amplifiée, réverbérée, acide. Les sonorités dispensées par les cordes me rappellent Tony McPhee, le gratteur des Groundhogs, à ses débuts (NDR : c’était, il y a bien longtemps…) Une plage aventureuse, bourrée d’effets ; mais surtout très réussie. Il adapte l’"Iceman" d'Albert Collins sur une rythmique funky. Il reproduit parfaitement le pincement de cordes caractéristique du grand Albert, pendant que l'orgue s’infiltre dans l’ensemble… Très rythmé, "What more could you want – Part 2" permet au talentueux gamin de montrer toute sa dextérité sur le manche. Il chante dans un registre très rock, plus proche d'un Iggy Pop que du blues. Secondé par la voix féminine de Holly Petrie, Krissy chante à la manière de Mick Jagger, "Last young love", une jolie ballade lente et fort dépouillée. Son intervention à la six cordes est excellente. L'orgue Hammond communique sa chaleur naturelle. Très rock'n'roll, "Lonely on the road" déménage ; un blues rock parcouru par le piano acoustique de Smith. Au sein du tracklisting, "What more could you want – Part 1" est paradoxalement postérieur à la seconde partie. Une version bien plus consistante et ravagée. Krissy souffle judicieusement dans un harmonica pour apporter davantage de densité à son expression sonore. "Girl of yesterday" est un autre rockin' blues. La tonalité des cordes me fait alors penser à un certain Wishbone Ash. Celui de la fin des 60’s, début des seventies. Une époque à laquelle, il excellait dans le style. Récréatif, "Stone cold pizza" nous replonge dans l’univers des Stones, un rock'n'roll balayé par une slide comme à la belle époque marquée par la présence de Mick Taylor. Puissant et très électrique, "The soul will never die" est un slow blues bien ficelé ; une plage écrite pour BB King. Krissy démontre ici que soin doigté est aussi habile que celui de bon nombre de jeunes guitaristes yankees. C’est du côté de la voix, qu’il devrait encore progresser. Il attaque ensuite "Hug you squeeze me", un boogie shuffle signé John Lee Hooker. L’opus s’achève par "World", une ballade légère, mais sans grand intérêt.

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