Si certains artistes se lamentent sur leur sort ou sombrent dans l’oisiveté, lorsque leur groupe splitte, d’autres se sentent pousser des ailes et parviennent à tirer parti de leur infortune pour rebondir toujours plus haut. A la dissolution de Be Your Own Pet en 2008, Jonas Stein se dit qu’il en faudra plus pour le faire lâcher le médiator. Déjà leader de Turbo Fruits en 2007 et responsable d’un premier album éponyme, Stein décide donc de ne se consacrer exclusivement qu’à ce projet. Après avoir chopé les clefs du vieux garage familial, Jonas et sa bande prennent possession des lieux et comptent bien y monter un rock bien pêchu. De garage il en est fortement question dans le style qu’ils injectent généreusement dans leurs accords. Avec cette odeur d’huile chauffée et de sueur, Turbo Fruits décape tout dans la pièce jusqu’à en faire fuir les araignées qui en squattent les coins. « Echo Kids », leur dernière galette, est un bon gros rock qui tache, qui pète mais ne salit pas.
L’album démarre en trombe par le bruit d’un vrombissement de moteur survitaminé. Si les morceaux « My Stupid Heart » ou « Hold Me » trahissent encore un semblant de douceur, les 10 autres plages affichent une toute autre couleur. Braillard et potache, « Echo Kids » nettoie les oreilles à la vitesse VV’. Fidèles à l’esprit punk-rock, les plages dépassent rarement les 3’30. Un condensé d’énergie qui ramone le conduit auditif assez fièrement. Absolument succulent, « Echo Kids » possède en plus d’une énergie contagieuse quelques perles qui apportent la preuve qu’il ne suffit pas de gueuler sur des barrées distordue, pour se prétendre rockeur. Tout au long de « Mama's Mad 'Cos I Fried My Brain » et « Broadzilla », Turbo Fruits nous prouve qu’il en a sous la pédale et qu’il est capable de gérer son parcours de main de maître. Un bon album qui réveille et rend performant lors d’un spleen hivernal. A conseiller aux audacieux qui n’ont pas froid… aux oreilles !

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