En 2008, Royal Bangs sortait son premier opus : « We Breed Champions ». Sur Audio Eagle. C'est-à-dire le label indépendant fondé par le drummer des Black Keys, Patrick Carney. Un disque qui sera finalement distribué en Europe, l’année suivante, par City Slang. Un elpee sculpté dans une noisy-pop insolite qui laissait entrevoir un énorme potentiel chez ces Américains de Knoxville (Tennessee). Et si une certaine presse spécialisée avait manifesté un enthousiasme légitime à l’égard de cette musique, on ne peut pas dire que le public ait suivi le mouvement. Depuis, leur line up a subi quelques modifications. Henry Gibson et Brandon Biondo remplaçant Danny Sale et Jason Campbell, respectivement à la basse et à la guitare. Mais le combo n’a pas chômé pour autant. Et pour cause, il a accompli une tournée en compagnie de The Black Keys, participé à différents festivals ; sans oublier le périple accompli par leur frontman, Ryan Schaefer, en Europe.
Et le second album de Royal Bangs est une nouvelle véritable bouffée d’air frais. Un peu comme si The Rapture reprenait du Flaming Lips à la sauce post-punk. Les riffs de guitare se croisent et s’entrecroisent, se tordent même, pour libérer parfois des sonorités improbables (« Brainbow »). Elastique, la section rythmique rebondit constamment. Le tout est nappé de claviers et traversé d’effets électroniques judicieux. Les compos remuent, déménagent, s’aventurent en dehors des sentiers battus. Et pourtant, les mélodies de cette pop bordélique finissent par se fixer dans l’inconscient (« Poison Bells », « 1993 » ou encore « My car is Haunted »). On pourrait peut-être parfois reprocher au combo un péché de gourmandise. Mais ce n’est guère capital. Car l’écoute de « Let It Beep » est un pur moment de défoulement voire même de bonheur. Il transpire la joie de vivre (« Shit Xmas ») et finalement nous rend de bonne humeur. Un souhait ? Que ces joyeux passent par chez nous lors de la prochaine saison festivalière…

Nederlands
Français 
