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Écrit par - Alice Bossut -

Dans la série des animaux ‘indé’ de première qualité (Grizzly Bear, Panda Bear, Animal Collective, Deerhunter), on pourrait ajouter Bradford Cox (fondateur et chanteur des Deerhunter) qui, sous le nom d’Atlas Sound, signe son deuxième album solo. Pur et sublime !

A l’origine, tout est très calme, comme en apnée. Les bruits de gargouillis électroacoustiques évoquent une métamorphose, l’intérieur d’un corps étriqué, l’univers aquatique protégeant le fœtus. Un carillon et des chœurs floutés étreignent les accords de guitare dans un monde clos, uniforme. On s’assoupirait presque dans cette bulle trop sereine. Puis, au troisième morceau, “Walkabout”, enregistré en compagnie de Noah Lennox (alias Panda Bear), ça remue. D’abord, des cloches lointaines résonnent. S’y substitue un son ultra lo-fi superposé à des voix arrêtées dans une pose angélique. Bradford Cox surgit, à la fois fragile et frénétique. D’un ton enjoué, il demande en boucle jusqu’à ce que l’on ne sache plus bien où se trouve le début de la phrase ‘What did you want to see? What did you want to be when you grew up?’ Repêchées des abysses de l’enfance, ces pensées d’insouciance ne trouvent qu’une réponse d’adulte regrettant de ne plus pouvoir être aussi étourdi. Mais implorant de ne pas trop regarder derrière soi, au risque de se brûler les yeux.

Il n’est généralement pas de mon goût de parler de la vie privée des artistes ; mais pour la circonstance, raconter un peu celle de Bradford Cox, me semble judicieux. Il naît atteint du syndrome de Marfan, une maladie rare qui lui donne ce physique rachitique exhibé sur la pochette, une drôle de tête, et une conscience un peu plus accrue de la mort qui nous surveille tous du coin de l’œil. Je me permets d’évoquer ce sujet, non pas pour verser dans le tire-larmes, mais parce que non seulement le disque –presque– solo de Cox est intimiste, mais il parle de la Grande Faucheuse (sans doute pour mieux la conjurer, à l’instar de Mano Solo). Le titre « Criminals » est une mise en situation de sa propre fin, où un brigand, entré dans sa chambre pour venir le ‘chercher’, lui demande des comptes quant à sa façon de vivre. Dans le magnifique morceau « Shelia », chanson d’amour testamentaire, il fait ce triste constat : ‘Shelia / Tu seras ma femme et partageras ma vie / On vivra vieux / Et à notre mort nous nous enterrerons l’un l’autre / Parce que personne ne souhaite mourir seul Shelia / Nous mourrons seuls ensemble’. « Attic lights » se situe au Paradis, mais on devine une métaphore de la prise quotidienne de médicaments, ‘douleur maximale, effet maximal, vivre vieux, tant accoutumé à l’odeur de ce truc’.

Il serait dommage d’écouter de disque sans comprendre l’anglais, parce que les textes rayonnent d’une aura limpide et lumineuse. Le ton n’est pourtant nullement dramatique, Cox chante nonchalamment, au milieu de claquements de doigts et de notes de carillon, et que ce soit dans la tourmente ou dans l’euphorie, l’émotion, sincère, dégage un parfum d’élégance et d’atemporalité. En farfouillant sur le net, on se rend d’ailleurs compte que le bonhomme plaisante volontiers avec le sujet : il choisit d’être photographié portant un T-shirt de l’Ethiopie ou plongé dans la lecture d’un magazine féminin promettant un régime ultra efficace. Je pourrais comparer Atlas Sound à Eliott Smith pour sa sensibilité, vous décrire un mélange de Devendra Banhart et d’Animal Collective, évoquer des voix rauques et lo-fi des Eels, mais je vous conseille tout bonnement de l’écouter.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Atlas Sound
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: 4AD / Beggars Banquet / V2
  • Date: 2009-10-19
  • Rating: 4
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