Christopher Leigh n’est guère connu dans l’univers du blues. Et pourtant, il a entamé sa carrière au début des années 80. Mais au sein d’une formation de heavy metal : Life After Death. Ce n’est qu’au fil du temps qu’il a changé d’orientation musicale. Originaire de Smiths Creek, dans le Michigan, ce chanteur/guitariste/compositeur militait, début de ce siècle, chez Alley Katz, une formation responsable d’un elpee intitulé "Going alley on your minds", en 2005. Mais auparavant, il avait concocté un opus solo : "I don't know". Un disque qui vient d’être réédité sur le même label ! Pour cet album, il est encore flanqué des Boogie Chillens, une de ces innombrables formations américaines qui jouent la musique des racines, c'est-à-dire un mélange particulièrement vibrant de blues, de rock et de boogie. Issus de Detroit, ils avaient choisi ce patronyme pour rendre hommage à Mr John Lee Hooker, mythe qui était parvenu à asseoir la réputation du blues et du boogie de la Motor City. Mais depuis la sortie de ce long playing, le combo a dû changer de nom. Motif : un ensemble concurrent se produisait déjà sous cette appellation. Ils se sont donc rebaptisés tout simplement The Christopher Leigh Band
Le disque s’ouvre par une intervention légère de Joe Neely à l'orgue. Le timbre vocal de Mr Leigh est quelque peu nasillard. Il se réserve une bonne première sortie aux cordes, mais en alignant ses notes de manière parcimonieuse. Il embraie par un blues imprimé sur un mid tempo. Constitué de Gary Ellis à la batterie et Rudy Alcala à la basse, la section rythmique porte bien l’ensemble. Une approche plutôt british blues! Leigh force sa voix sur "Gotta boogie", un boogie classique de circonstance. Joe Neely trame le décor sonore de son orgue Hammond B3, s’autorisant même une certaine liberté, avant que le boss ne prenne le relais pour s’acharner sur sa slide. Il chante "True love", un blues lent très conventionnel. Face à l’orgue, il libère quelques chapelets de notes pour accompagner son chant! Il injecte beaucoup de sensibilité dans le pincement de des cordes. Une nouvelle fois, dans un style proche du british blues d'autrefois. Une seule cover : le "Chicken heads" de Bobby Rush. Mais dans un style différent. Radicalement funky, mais rudimentaire. "Since you went away" est une de mes compos préférées. Une ballade blues très lente, bouleversante, digne des débuts des Stones. Christopher est au sommet de son art. Soutenue de chœurs féminins, sa voix passe très bien la rampe. Indolent et ténébreux, "Pullin' in the station" véhicule un curieux pouvoir de séduction. "Twin heroes" est un autre blues de bonne facture, imprimé sur un mid tempo. Il est dédié à Clarence et Curtis Butler, deux jumeaux vétérans de la scène de Detroit, qui se produisaient sous le patronyme des Butler Twins (NDR : ils avaient participé, milieu des années 90, au Brussels Blues Festival). Plus métallique voire agressif, "Voodoo boogie" est évidemment un autre boogie ; mais il se rapproche davantage de l’univers sonore de Hound Dog Taylor et Lil' Ed & the Blues Imperials. Après s’être offert une parenthèse exotique ou si vous préférez caribéenne, les Boogie Chillens achèvent l’opus par un dernier blues lent. L’intensité y est permanente. La voix excellente. L’orgue Hammond très proche et la guitare minimaliste. A vous flanquer le frisson ! Sans s’avérer révolutionnaire, il faut reconnaître que ce « Gotta boogie » ne manque pas de charme…

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