La première fois que j’ai écouté ce lonesome cowboy nordique, c’était en 2004. Lors de la sortie de son album « Tranquil Isolation ». A l’époque, sa musique m’avait laissé une impression plutôt favorable, même si elle était altérée d’un ennui poli. Motif ? Une certaine austérité, sans doute consécutive à la participation de Will Oldham aux sessions d’enregistrement. Depuis, je m’étais quelque peu éloigné de l’univers du Suédois, tout en promettant d’y revenir un jour. Et pour cause, il jouit d’une excellente notoriété auprès de la corporation. Pas pour rien qu’il a déjà collaboré ou tourné en compagnie de toute une série de pointures musicales comme The Soundtrack Of Our Lives, Mercury Rev ou encore Calexico. Nicolai s’était, cependant, accordé quelques années de répit, en prenant également ses distances vis-à-vis de l’industrie du disque pour se consacrer à ses expérimentations dans l’univers du jazz. Faut dire que ses relations avec son label n’étaient pas toujours au beau fixe.
Le crooner scandinave nous propose donc son seizième opus, tous projets confondus. Avant de me lancer dans l’audition de ce « Play », une question me taraudait l’esprit : allais-je devoir me farcir une œuvre aussi aride et glaciale que « Tranquil Isolation ». Bonne nouvelle, cet elpee macère dans une forme de folk classieux, swinguant voire dansant dans l’esprit de St-Thomas (NDR : son voisin norvégien), mais en un peu plus soul. On comprend ainsi mieux pourquoi, aujourd’hui, il est considéré comme un véritable ‘entertainer’ dans son pays d’origine. Il ose même un duo en compagnie de Nina Persson des Cardigans sur le très beau « Tears In A Childs Eye ». Faut dire que la voix du Scandinave est superbe. Puissante et empreinte de charme, également. Son timbre de crooner évoque même Jens Lekman voire Lou Reed (« Entitled To Play »). Paru en single, « Crazy Train » libère une énergie vivifiante. Un véritable bijou ! Et « Time Left To Spend » est aussi convainquant. Piano allègre, cordes de guitare sèche, drums volatils, accords de banjo et même un saxo tapissent élégamment toute l’expression sonore.
En réalisant une fusion parfaite entre folk et soul, Nicolaï Dunger vient de concocter son meilleur opus à ce jour. Une chose est sûre, je n’attendrai plus cinq ans avant de retourner dans l’univers enchanteur de cet artiste. Un peu de lumière venue du froid…
Nicolai Dunger sera en concert à l’AB Club le 6 avril prochain.

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