Je savais qu’en Louisiane on parlait français. Très peu en fait. Mais j’ignorais qu’un Parisien baptisé Féloche (Félix de son vrai prénom) en avait adopté la musique, les instruments et les rythmes. Car nous voici ‘trempés’ dans l’ambiance cajun de cet état du sud des Etats-Unis tout au long de « La vie cajun », première véritable réalisation d’un artiste un peu loufoque…
Loufoque, un peu dingue, Féloche peut se targuer d’avoir connu un parcours plus qu’original : bac ciné, ingénieur du son en Arménie, membre d’un groupe punk ukrainien, retour à Paris où il prend des cours de guitare, s’achète une mandoline et vivote sur des petites scènes de seconde zone.
Ses goûts musicaux l’entraînent ensuite vers des rythmes saccadés et le blues. Il écoute Taj Mahal et John Mayall et se penche de plus en plus vers la musique cajun. En outre, il se découvre une voix qui colle bien à ses nouvelles sensations musicales. Début des années 2000, il remonte sur les scènes parisiennes en proposant un répertoire qui fait la part belle aux instruments traditionnels : violon, accordéon, harmonica et… sa mandoline ! Le succès est au rendez-vous et Féloche sort dans la foulée un Ep cinq titres qui tapent dans l’œil (heu l’oreille) de Solal, producteur de Ya Basta. S’en suit un album qui cette fois comporte 13 extraits du répertoire de Féloche, entièrement concentré sur la musique acoustique et les rythmes du bayou louisianais.
Pour y parvenir, il invite à sa table des amis de longue date, de toutes les époques, de toutes les galères. Figurent donc dans sa bande, un Ukrainien à la basse, un New-Yorkais à l’harmonica, des Parisiens bien sûr ; et on a même droit à la participation de Dr John (le vrai) au piano qui répond à Féloche sur « Dr John Gros John ». Tous se sont envolés pour La Nouvelle-Orléans (où il n’était jamais allé !) afin d’y enregistrer « La vie cajun », un album de toute beauté, à écouter urgemment pour remuer au son des chaloupes bluesy, de l'accordéon cajun, et des accélérations rock'n'roll ponctuées d'électro. Et puis il y a cette voix, un peu nasillarde, qui fait penser parfois à Charlélie Couture, parfois à Higelin. Enfin, pour terminer, une énième curiosité, « Singing in the Rain », revisitée, mais de quelle manière !
A trois sur scène, Félix, Christophe Malherbe et Léa Bulle doivent accomplir une fameuse performance pour restituer toutes les richesses des treize partitions de l’album. A voir dès qu’ils passent près de chez vous, sans hésiter !

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