Doug Deming est un guitariste particulièrement talentueux. Il a même la grande classe. Il réside à Detroit, et a fondé son groupe en 1991. A l’époque il répondait au patronyme de The Blue Suit Band. Il puise ses principales influences chez ses anciens maîtres : T-Bone Walker et Charlie Christian ; et parmi les plus contemporains, Jimmie Vaughan et Ronnie Earl. Au fil du temps, la formation a changé de patronyme et s’est rebaptisée The Jewel Tones. Ce backing band a accompagné de nombreux grands noms du blues en tournée ; et notamment Louisiana Red, A.C Reed, Lazy Lester, Johnny ‘Yard Dog’ Jones, Alberta Adams ou encore Johnny Dyer. Cet ensemble a publié son premier long playing en 2002. Produit par Rick Holmstrom, "Double down" était paru sur le même label, Mighty Tiger. Harmoniciste notoire, Greg Fingers Taylor avait d’ailleurs participé aux sessions d’enregistrement d’"Hi-Fi baby", le second elpee gravé l’année suivante. Mais également Doug Deming. Une œuvre qui avait été mise en forme par Kim Wilson.
Pour concocter "Falling through the cracks", Doug est épaulé par sa section rythmique, c’est à dire Bob Conner à la basse et Julian Van Slyke à la batterie. En outre, il a bénéficié du concours de quelques invités de marque, dont Kim Wilson, le redoutable harmoniciste Dennis Gruenling et le claviériste Bill Heid, un concitoyen qui s'est souvent illustré auprès de Johnny Bassett, un illustre bluesman issu de la Cité de l'automobile.
L'album s'ouvre dans le rythme. La voix de Doug est légère mais affirmée. L'harmonica du jeune et talentueux Dennis Gruenling talonne chacune de ses phrases avant de prendre le premier billet de sortie et de se lancer dans un envol long, mais de tout haut niveau. Excellent ! Doug prend le relais. Son solo bien cadencé surprend par son originalité. Un début très prometteur! Un autre souffleur introduit "Don't worry me (Part 1). Un certain Dave Morris. Cet ex- Big Dave and the Ultrasonics manifeste beaucoup de vitalité dans son jeu. Sa vitesse d'exécution est sans faille. Et il reproduit ce type d’intervention sur "Put it down", une compo directement issue des bayous! La formule trio classique attaque "Falling through the cracks" sur un riff rendu jadis célèbre par Magic Sam, au cœur du Chicago Westside. Et lors de cet exercice de style, Mr Deming nous donne une subtile leçon d'efficacité. A l’instar d’une plage hyper speedée, signée Jimmy Reed, "Momma didn't raise no fool" accueille un troisième souffleur : le grand Kim Wilson ; prouvant ainsi qu’il ne craint pas d'affronter ses jeunes rivaux. Changement de style pour "You changed" (NDR : évidemment !) Du R&B classieux balisé par l’orgue Hammond du maître claviériste de Detroit, Bill Heid. Doug affronte le swing, face à une section de cuivres sur "It was the wine", en s’accompagnant d’une guitare écorchée réminiscente du meilleur de Jimmie Vaughan. Mais ce n’est pas vraiment une surprise. Des cuivres toujours bien présents lors de l’indolent, très fin de soirée "Every night when I get home" ainsi que "No sense" dont le style swing jazz cabaret est entretenu par le piano de Bill Heid. Deming est aussi très susceptible de s’immiscer dans l’univers roots. A l’instar d’"Only time will tell", compo qu’il chante à la perfection. Plus Chicago blues, "I can't believe my eyes" met en exergue Kim Wilson, qui se sent T Birds comme à la grande époque. Doug et Kim reprennent "Don't worry me (Part 2)" en duo. Dennis Gruenlong refait surface lors de l'instrumental offensif "East side hop" ainsi que tout au long de "Whisper", une savoureuse plage saturée de swing. Et cette fête s’achève par "Heiding out!", un autre instrumental hydraté par l’orgue de Heid, dans un registre Memphis R&B ou si vous préférez très Booker T & the MGs. Un album 5 étoiles !

Nederlands
Français 
