Surnommé ‘The snake’ (parce que leur logo était un cobra), Spiteri est une formation vénézuélienne, issue de Caracas très exactement, qui s’est exilé à Londres, au cours du début des seventies, pour tenter sa chance… Faut dire que dans leur pays, elle était devenue mythique. A la tête ? Jorge et Charlie Spiteri. Leur musique ? Une forme de soul/psyché/rock fortement marquée par les rythmes latins. Pas étonnant que le combo était très influencé par Traffic. Le duo en était même un fervent admirateur. En outre, Spiteri va recevoir un très grand soutien de la part d’artistes notoires. Dont Noël Redding, Paul McCartney, Rod Stewart ou encore Bob Marley. Malgré quelques années d’existence, le groupe ne compte à son actif, qu’un seul album. Considéré par l’administration insulaire, comme des clandestins, les deux frangins ne parviendront jamais à récolter le moindre succès
Cet elpee avait été enregistré à Londres. En 1973. Il vient donc d’être réédité et remasterisé par les soins de Vampisoul ; et est enrichi, pour la circonstance, de 8 bonus tracks. Le disque orignal n’était jamais paru en Angleterre. Pourquoi ? Une loi stipulant l’obligation de compter au sein d’un même ensemble, une moitié de membres de nationalité ‘british’.
Jorge et Charlie était pourtant des musicos particulièrement doués. Le premier se chargeait des parties guitares, tandis que le second se réservait les percussions. Ils se partageaient les vocaux. Ils étaient entourés de musiciens talentueux (Ruben ‘Micho’ Correa, Bernardo Ball, etc.) Et franchement, leur melting pot de rock et de musique typique latine était vraiment réussi. A l’instar de « Campesina », plage au cours de laquelle guitares distordues, bongos et guitares sèches se marient à la perfection. Les compos étaient interprétées tantôt dans la langue de Shakespeare, tantôt dans celle de Cervantès. Et ces joyeux hippies étaient responsables de morceaux avant-gardistes qui n’hésitaient pas à marier folklore vénézuélien aux rythmes caribéens (« Barlovento ») ; mais également en creusant dans le terreau du rock bien britannique (« Don’t You Look Behind »).
N’ayant jamais eu le bonheur de pouvoir défendre ce long playing éponyme, aux Iles Britanniques, Spiteri va finir par se décourager. Une situation accentuée par l’échec commercial de la vente de son elpee. Le split est donc inévitable. Il se produit en 1974, alors que le combo n’a jamais été autorisé à jouer la moindre note sur leur terre d’exil. Quelques années plus tard, les deux frangins vont cependant relancer l’aventure sous un format big band, engageant pour la circonstance des musiciens insulaires. Baptisé Spiteri II, elle passera complètement inaperçue. Seule leur version d’« I’m A Man » (incluse dans les bonus) recevra un certain écho. 37 ans plus tard, Vampisoul a le bon goût de combler les amateurs de rock issu des 70’s, mais également des mélomanes, en leur permettant de (re)découvrir un groupe unique en son genre, alors considéré comme la réponse anglaise à Santana…

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