« In The Wake Of Evolution » constitue le dixième album de Kaipa. J’avoue, à ma grande honte, être passé à côté des neuf premiers. Il faut dire, à ma décharge, que le groupe n’évolue pas vraiment dans mon domaine d’expertise et que ses cinq premiers elpees, parus entre 1975 et 1982, étaient chantés en suédois ; autrement dit, plutôt réservés au marché local. Pourtant, à l’écoute de ce nouvel opus, je ne peux m’empêcher de penser avoir raté quelque chose.
Kaipa est un groupe de rock progressif fondé par Hans Lundin (claviers/chant), en 1973. Roine Stolt, futur leader des Flower Kings, y a effectué ses débuts en 1974, alors qu’il était âgé de dix-sept ans. Le groupe se sépare en 1982 pour se reformer vingt années plus tard. Pour ce retour, Kaipa a choisi d’interpréter ses textes en anglais, ce qui lui permet de jouir d’une distribution internationale. Quatre albums sont édités entre 2002 et 2007. Peu après la sortie de « Mindrevolution » (2005), Roine Stolt abandonne son poste de guitariste. Il est rapidement remplacé par Per Nilson, le très talentueux six-cordiste du combo métal progressif Scar Symetry. Morgan Ågren (NDR : notoire pour avoir joué de la batterie chez Frank Zappa), Jonas Reingold (aussi bassiste chez The Flower Kings et Karmakanic), Aleena Gibson et Patrik Lundström (Ritual) aux vocaux complètent le line-up.
La musique de Kaipa mélange parfaitement rock progressif classique des seventies et sa déclinaison ‘néo-progressive’ des années quatre-vingt. En clair, le fruit d’une rencontre entre la musique de Yes et celle de Pendragon (ou Marillion). Manifestement, les musiciens ne sont pas des manchots. « In The Wake Of Evolution » privilégie les longs passages instrumentaux et les démonstrations instrumentales de virtuosité, caractéristiques du rock progressif classique. Atmosphériques, les climats glissent allègrement du rock au jazz, en passant par le folk et même le reggae. Point d’orgue : la prestation de l’incroyable duo de chanteurs. Si le timbre dramatique de Patrik Lundström est plutôt rituel pour ce genre de musique, Aleena Gibson, son alter-ego féminin, séduit par sa voix délicieusement rauque. Cette alternance de vocaux masculins et féminins, plutôt rare dans le rock progressif, évoque même parfois Ayreon.
« In The Wake Of Evolution » devrait constituer une excellente surprise, pour tous les amateurs de rock progressif ‘old school’. A cause de ces cavalcades instrumentales impressionnantes et de ces long titres fleuves ambiancés (NDR : le titre « Electric Power Water Notes » dure presque dix-huit minutes). En tout, une heure et dix minutes d’une musique sophistiquée et riche en arrangements interprétée avec dextérité et subtilité. Une belle réussite pour ce groupe au pédigrée impressionnant.

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