Afin d’appréhender Peggy Sue, il serait peut-être utile d’oser une petite comparaison. Avec le groupe The Dodos. Il existe, en effet, de nombreux points communs entre ces deux groupes. Tout d’abord, les deux formations se produisent en trio. Entièrement masculin pour The Dodos, au deux-tiers féminin chez Peggy Sue. Ensuite, ils relèvent tous les deux du label Wichita. Musicalement, leurs expressions sonores évoluent dans l’univers acoustique. Et leurs harmonies vocales sont particulièrement soignées. Enfin, lors des sessions d’enregistrement, les deux groupes ont bénéficié du concours de l’expérimenté John Ashew, à la mise en forme, même si Alex Newport (At The Drive-In / Two Gallants) est également venu apporter sa collaboration à la confection de « Fossils and Other Phantoms ».
Passons maintenant aux différences. Les musicos des Dodos ont grandi, sous les rayons du soleil, face à l’Océan Pacifique. Ceux de Peggy Sue se sont contentés de contempler les plaines britanniques du Sussex et les eaux brunâtres de la Manche. Et pour cause, ils sont issus de Brighton. Comme quoi, on peut venir d’environnements différents et afficher des sensibilités musicales fort proches…
Mais revenons à nos moutons. Ceux de Peggy Sue, en l’occurrence. Peggy Sue n’est pas une formation née de la dernière pluie. Avant de publier cet elpee, la formation avait d’ailleurs commis quelques maxis sous différents patronymes (Peggy Sue and The pirates et Peggy Sue and The Pictures). Le combo a également eu l’opportunité d’assurer le supporting act pour des groupes ou artistes comme Mumford & Song (NDR : Ben Lovett y avait apporté son concours), Kate Nash ou encore The Maccabees. Ce qui avait permis au band d’acquérir une certaine notoriété outre-Manche, mais également sur le Vieux Continent.
Le Peggy Sue nouveau implique les chanteuses/guitaristes (NDR : ce sont aussi des amies) Rosa Rex et Katy Klaw. Deux compositrices d’exception. Elles sont soutenues par le drummer Olly Joyce. Empreint de fraîcheur et minimaliste, leur folk est essentiellement tramé sur des guitares acoustiques. Ce qui n’empêche pas l’intervention circonstancielle d’autres instruments, comme l’accordéon ou le banjo. Mais c’est surtout la conjugaison subtile des voix féminines qui fait la différence (NDR : ces chœurs tout au long de « Careless Talk Costs Lives » !) Quant à leur lyrisme, il évoque tour à tour une version anglaise de Joana Newsom voire d’Alela Diane. Tradition british oblige ! Si l’ensemble de l’opus baigne dans la mélancolie, un morceau comme « Yo mama » (NDR : c’est le single) est un véritable rayon de soleil, au sein de l’œuvre. Caractérisé par ses rythmes caoutchouteux, il lorgne même carrément vers The Dodos (NDT : si, si !), tout en communiquant un enthousiasme contagieux.
Peggy Sue confirme donc tout le bien que l’on pensait de lui. Bien sûr, les mauvaises langues leur reprocheront d’explorer un filon déjà éprouvé. Mais pourquoi faire la fine bouche, lorsqu’on peut se faire plaisir. Et comme un concert vaut mieux qu’une longue chronique, pourquoi ne pas aller les applaudir à la Rotonde, ce 7 mai, dans le cadre des Nuits Botanique, avant que les Londoniens d’Archie Bronson Outfit, ne viennent déverser leurs décibels…

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