Deux ans à peine après avoir sorti le très acclamé « Jim », l’extravagant Jamie Liddell nous propose son cinquième opus. Et à nouveau, il a pris un malin plaisir à brouiller les pistes. Bien que recelant quelques morceaux sculptés dans le funk/rock/soul et d’autres dans l’électro/rock, « Compass » constitue l’elpee le plus éclectique et expérimental, paru à ce jour, de l’artiste. Les nouveaux territoires explorés tout au long de ce nouveau long playing, Jamie en avait déjà manifesté un bel aperçu, lors de la publication de « Multiply », en 2005. Un disque qui avait quand même récolté un certain succès. Et le bidouilleur confirme cet état d’esprit sur cette œuvre. Il ne relève pas de l’écurie Warp par pur hasard !
Beck, Feist, ‘Chilly’ Gonzales et des musiciens de Wilco ont participé aux sessions d’enregistrement de la plaque. Un disque qui recèle quelques hits potentiels. A l’instar de « Enough’s Enough », plage soul qui aurait pu figurer au répertoire des Jackson Five ou du mielleux mais fantastique « She Needs Me ». Chris Taylor, le bassiste de Grizzly Bear, s’est chargé de la mise en forme. Il marque de son empreinte les morceaux les plus complexes. Et je pense tout particulièrement au titre maître, une plage épique, acoustique, digne d’une b.o. signée Ennio Morricone. Et puis du rock ténébreux « Gypsy Blood ». A contrario, les compos d’inspiration techno/funk passent moins bien la rampe. L’agaçant « I Wanna Be Your Telephone » en est probablement la plus belle illustration. Le sorcier de l’électro-soul a encore plus d’un tour dans son sac, c’est une certitude. En progression constante, il devrait, nous réserver, à l’avenir, de belles surprises. Sans oublier qu’il est un remarquable showman sur les planches. Il viendra le démontrer sur celles du chapiteau, dans le cadre des Nuits du Bota, ce 17 mai, où il partagera l’affiche, en compagnie de Little Dragon.
Et si le plus digne héritier de Michael Jackson était né dans une petite bourgade, sis au Nord de l’Angleterre ?

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