Après « Jours étranges », « God blesse », « Debbie », « Varsovie/L'Alhambra/Paris » et « Yellow Tricycle », « J'accuse » constitue déjà le sixième opus de Damien Daez. Ce rocker français, au phrasé quelque peu inhabituel, ne fait pas dans la dentelle. Tout au long de cet elpee, on a droit à l’artillerie lourde, du moins en ce qui concerne ses textes.
La place quelque peu abandonnée par Noir Désir, depuis le ‘crochet à Vilnius’, opéré par Bertrand Cantat, a vite été convoitée par des groupes ou chanteurs venus d’horizons divers (Luke, Eiffel, …) Damien Saez en révolutionnaire averti pousse à gauche et à droite afin de pouvoir occuper l’espace laissé vacant, par ce petit jeu de la chaise musicale…
Les thèmes abordés dans ses chansons sont toujours d'actualité et reflètent la pensée collective depuis une décennie. En ces moments de crise et paradoxalement en pleine jouissance/dérive (NDR : biffez la mention inutile) de la société de consommation, Saez s’érige un peu en donneur de leçons ; il devrait toutefois faire attention de ne pas devenir ce qu’il a facilement tendance à critiquer. Je m’explique, à force de critiquer un système et surtout un business dont il fait partie intégrante ; et bien en gros, il crache un peu dans la soupe, qu’il nous sert… Néanmoins, il a toujours les yeux grands ouverts sur le monde qui nous entoure et ses textes sont résolument engagés. Ouais, on n’est vraiment pas loin de Noir Désir, CQFD.
Ne retenir cependant que cet aspect du personnage serait un peu réducteur. D’abord, Saez est un vrai artiste ! Quelqu’un qui plaît ou qui dérange, c’est selon. Lorsqu’il dit : ‘Oh non, l'homme descend pas du singe il descend plutôt du mouton’ on a fait un peu le tour du propriétaire. Il dénonce, accuse, et assume ! Il dit ce que tout le monde pense tout bas ou ce que les gens ne veulent pas voir. La musique est un art non ? Et un art, c'est sensé nous faire passer un véritable message.
Cet album, comme l'indique le titre, est un fameux message, c’est même une dénonciation. Mais pas une dénonciation vague, comme le font la plupart des artistes pseudo engagés. Saez, lui, met le doigt sur ce qui ne va pas, en accusant le machisme social, la manipulation des médias, la croissance de la société de consommation... Les phrases s'enchaînent, s’entrechoquent. On a l'impression d’entendre un tourbillon de mots se déverser sur une musique violente, agressive ; en un mot, rock.
« J’accuse » premier single issu de l’album du même nom est déjà devenu un hymne dans lequel chacun peut aisément s’identifier. Ce titre à lui seul résume les 13 autres compos écrites, composées et interprétées par cet écorché vif. Le prochain sera sans aucun doute « Des p’tits sous » qui est du même tonneau. Une fois de plus un texte qui fait mouche souligné par une ‘mélodie’ accrocheuse en diable.
Le petit Zola de la chanson française s’appelle Saez, Damien Saez. On n’a pas fini d’en parler… Pour l’énergie qu’il dégage dans ses chansons, pour l’ambiance qu’il doit créer dans les salles, il faut vite se procurer un sésame et aller ‘râler’ avec lui sur notre ‘condition humaine’…

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