Rentrée en force et anticipée au Magasin 4 qui propose une triple affiche couronnée par Big'N, groupe ricain dont les plus anciens de nos lecteurs se souviennent peut-être des premiers enregistrements opérés il y a une petite vingtaine d'années.
Mais commençons par le début ou presque car faute d’avoir pu assister au tour de chauffe de Made in Canada (qui en réalité nous vient de l’Hexagone), je débarque alors que Mont-Doré s'apprête à entrer en piste. Première et heureuse constatation, le public a répondu présent au coup d'envoi de cette nouvelle saison. Car même si la salle est loin d'être remplie, on compte une bonne centaine de personnes ; ce qui est respectable pour un jour en semaine et sans groupe hype à l'affiche.
Mont-Doré est un quintet bruxellois qui a choisi la voie d'un screamo assez complexe et épique pour s'exprimer au travers de compositions qui alternent passages saccadés et 'downtempo'. Le tout est interprété en puissance, mais aussi parfois avec un trop plein d'émotions propre au style emo et à ses déclinaisons (NDR : la voix typique entre cris et 'pleurs', susceptible d’irriter). Néanmoins l'ensemble est assez recherché et plutôt maîtrisé pour garder notre attention pendant la durée de leur set.
Puis place à Big'N qui, comme je le précisais en début d'article, n'en est pas à son coup d'essai puisque si son premier LP date de 94, le suivant est paru en 96, avant que le groupe ne se sépare peu de temps après la sortie de ce dernier.
C'est par le biais du label italien Africantape (Pneu, Marvin, Oxes ou encore les incroyables Electric Electric) qu’il publie, en 2011, l'Ep "Spare the horses" et la compile "Dying Breed - A collection of singles & unreleased songs" ; de quoi attester la bonne santé du combo étasunien. Et l'épreuve de la scène va s'avérer des plus concluantes vu les traces de doigts qu'on porte encore sur la joue en souvenir de cette claque magistrale. On retrouve chez Big'N tout ce qu'on a pu aimer et qu'on aime encore dans le noise rock US façon early Helmet, Unsane ou Pissed Jeans (mais on pourrait en citer bien d'autres). Le côté direct, crade et viscéral qui vous agrippe et ne vous lâche plus pendant une bonne heure. Au-delà, on risquerait l'asphyxie! Le sens du riff répétitif asséné jusqu'à l'obsession et l'aspect malsain dans les dissonances. Tout y est et on connaît la chanson par cœur mais on ne s'en lasse jamais pour autant que l'intention et l'intensité soient bien présentes. On appelle cette conduite de l'authenticité et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils n'en manquent pas, cherchant la proximité avec le public (le chanteur descendra un moment prendre un petit bain de foule) mais tout en gardant le contrôle de leur barque. Et pour ma part ainsi que pour les autres spectateurs, encore une traversée rondement menée à partir de l'Avenue du Port...
(Organisation Magasin 4)

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