"Variations", le nouvel album de Mermonte, sortira le 20 septembre 2022 ! Près de quatre années se sont écoulées depuis la sortie de son dernier opus, « Mouvements ». Le band voulait l’enregistrer dans les meilleures conditions pour permettre à sa musique…

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Un cocktail savoureux et singulier… Spécial

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De nationalité anglaise, Nilüfer Yanya est née de l’union entre une mère irlando-barbadienne, designer textile, et un père turc, peintre, dont les œuvres sont exposées au British Museum. Vivant dans les faubourgs londoniens, elle est considérée, du côté de l’Albion, comme la nouvelle sensation. Sa famille et ses racines sont intimement liées à sa musique. Sa sœur cadette, Elif, se produit parfois avec elle sur scène comme choriste ; et sa sœur aînée, Molly, réalise ses clips. Remarquée par le chanteur Louis Tomlinson, membre de One Direction, elle a tout simplement refusé de rejoindre le groupe de filles qu’il produisait pour se concentrer sur sa propre carrière.

A son actif, deux elpees, « Miss universe », paru en 2019, et « Painless » début mars 2022. Un œuvre ambitieuse, mélancolique, qui pioche à la fois dans le rock, le trip hop, la néo-soul ainsi que le hip hop ; une solution sonore qu’elle parfume de petites fragrances électroniques, et dont les morceaux, à contrario de ceux du premier opus auquel on reprochait de s'éparpiller à vouloir embrasser trop d'influences en même temps, sont mieux construits, bénéficient d’une mise en forme plus cohérente et s’affirment davantage dans un style plus personnel.

Enfin, elle avait accordé un concert, dans le cadre des Nuits Botanique, en 2019.

Léa Sen, assure le supporting act, une Parisienne expatriée à Londres. Elle a bossé en compagnie de producteurs pointus comme Vegyn et Kwake Bass, mais aussi posé sa voix de ‘pretty woman’ sur un morceau de Roy Orbison.

Armée de sa gratte électrique, elle est seule sur les planches. Très interactive, elle prend son temps, entre chaque chanson d’en exposer le thème, mais aussi d’expliquer qu’il s’agit de démos qu’elle a réalisées lorsqu’elle voyageait par train ou lorsqu’elle sillonnait les routes dans le bus de tournée. Particulièrement entraînants, « I Like Dis » et « NO » sont deux morceaux très susceptibles de caresser vos tympans. Elle a recours à quelques samples de percus et à des beats électroniques. Des supports qui collent parfaitement à sa musique qui agrège blues, jazz, rock, psychédélisme soft (pensez à Tame Impala) et lounge (dans l’esprit de Clairo). Tour à tour délavée et éthérée ou grandiloquente et haut-perchée, sa voix se pose sur des accords de guitare chargés de reverb’. Elle impose ainsi une forme de post-soul, évoquant à la fois les expérimentations arty de Dean Blunt et la grâce de Tirzah…

Setlist : « With Or Without », « Mutch To Lose », « I Feel Like I’m Blue », « I Like Dis », « Again », « NO ».

On attendait Nilüfer Yanya affublée de grandes ailes d'ange roses comme chez Jimmy Fallon, mais elle a préféré enfiler un short de cycliste et un body plus qu’échancré de couleur noire, recouvert d’une chemise blanche à col officier, puis d’une veste –toujours de teinte noire– qu’elle enlèvera assez rapidement, vu la température qui règne dans la salle. Elle se consacre à la guitare et est soutenue par une claviériste/saxophoniste, un bassiste et un drummer. En l’occurrence Ellis Dupuis, qui assurait déjà ce rôle pour Pumas Blue, un mois plus tôt, à l’Ancienne Belgique.

Elle entame sobrement son set par « Midnight sun », point d'orgue de « Painless ».

La setlist est partagée entre morceaux issus de ses deux long playings, même si elle va privilégier ceux de son dernier. Quatre quand même du premier (« Miss universe ») dont les incontournables « Heavyweight Champion of the World » et « In Your Head », dont les guitares flamboyantes alimentent une composition curieusement rock.

Elle nous réserve une superbe version, tout en rondeur, du « Rid Of Me » de PJ Harvey.

Enivrantes, entraînantes et mélodieuses les chansons s'enchainent rapidement et nous entraînent au sein d’un univers à la fois et paradoxalement nostalgique et contemporain.

Plutôt timide, elle interagit très peu avec son public. « Stabilise », son tube imparable, incite le public à se dandiner, tout comme le volcanique « In Your Head ». Des morceaux dominés par les claviers et le saxophone, alors que la section rythmique canalise l’ensemble.  

Lors du rappel, Léa rejoint le band sur les planches pour attaquer « The Dealer ». Conjuguées, les voix de Nilüfer Yanya et Léa Sen se révèlent fusionnelles. Avant qu’« In Your Head » n’achève le concert.

En à peine soixante-dix minutes, le show de l'Anglaise aura fait son petit effet et confirmé sa belle mue. On sent qu'elle a en a sous la pédale (de distorsion) et pourrait déployer encore plus grand ses ailes… à mon que ce ne soit le grand braquet…

Nilüfer Yanya est parvenue à digérer ses multiples influences afin d’en réaliser un cocktail savoureux et singulier…

Setlist : « Midnight Sun », « Belong With You », « Chase Me », « The Unordained », « L/R », « Rid Of Me » (Cover P.J. Harvey), « Stabilise », « Baby Luv », « Same Damn Luke », « Anotherlife », « Angels », « Trouble »

Rappel : « The Dealer » (avec Léa Sen), « In Your Head ».

(Organisation : Le Botanique)

Informations supplémentaires

  • Band Name: Nilüfer Yanya
  • Date: 2022-03-29
  • Concert Place: Botanique (Orangerie)
  • Concert City: Bruxelles
  • Rating: 7
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