Lors de la tournée consécutive à la sortie de l’album « Qui de nous deux », en 2005, j’avais manqué son concert. En cause ? Une vilaine grippe. J’en étais encore plus malade. Pas question donc, cette fois-ci de le louper ! Il y a quelques semaines, j’avais chroniqué son dernier ouvrage ; et je dois avouer que l’écoute de ce disque m’avait procuré énormément de satisfaction. Une fois de plus, ce nouvel opus est une réussite, plein de maturité et de fantaisie. J’avais même terminé mon article par les mots ‘Vite le concert !’
Hier soir Mathieu et son band se produisaient donc, à l’Aéronef de Lille. Départ vers 18h30, histoire d’arriver bien à l’aise, de se choisir une bonne petite place pour participer à une chouette soirée. Ouais ! Mais Indochine était également programmé à deux bornes de mon point de chute. Résultat des courses : quelques bouchons pour sortir du périf et accéder au centre commercial d’Euralille (NDR : originalité, l’Aéronef est une petite salle nichée au sommet dudit centre ; et les voisins ne sont pas dérangés !) Pas de panique, il est 19h30 quand j’arrive à destination ; et il n’y a pas encore trop de monde. Tous piégés comme votre serviteur, sans doute…
Les portes à peine franchies et juste le temps de se trouver un petit espace, les lumières s’éteignent. Quatre jeunes garçons surgissent des coulisses, guitares et baguettes à la main, et prennent place devant le rideau. Leur morceau d’ouverture et surtout leurs voix suffisent à nous faire bouger le popotin. Gush pratique une pop bien léchée, toute fraîche et endiablée. Une solution sonore au sein de laquelle on discerne des influences puisées chez les Beatles, les Beach Boys et Crosby, Stills, Nash & Young. Tout juste pour nous mettre en appétit… Leur set est nickel. Le drummer particulièrement dynamique. Les guitares acoustiques sont bien présentes et les harmonies vocales de toute beauté. Le courant passe immédiatement entre les 2000 personnes alors présentes et ces jeunots, tant leur ferveur de jouer de la musique est communicative. Un set de trente minutes au cours duquel ils vont littéralement chauffer l’audience, achevant même leur prestation par un titre joué à capella et sans micro. Le respect du public est total. Leur succès bien mérité. Gush se retire sous les applaudissements nourris. Lumière et une bonne chope bien fraîche (NDR : fait très chaud dans cette petite enceinte).
Vingt bonnes minutes seront nécessaires pour préparer la suite des événements. 20h30, la scène est déserte et le public réclame son idole. Quelques longues minutes s’écoulent. -M- serait-il sourd à nos appels ??? 20h40, l’auditoire est complètement plongé dans l’obscurité. On entend plus que hurlements, sifflets, battements de mains et de pieds. 20h41, une lumière éblouissante jaillit et dévoile une scène intégralement blanche. Même la batterie et le piano se sont mis au diapason. Tout est absolument immaculé. En toile de fond, derrière un voile estampillé d’un énorme ‘M’, on devine par transparence la silhouette de Matthieu qui entame « Mister Mystère ». Hystérie générale ! Aux trois-quarts du morceau, Matthieu déchire la feuille de papier et traverse le décor qui le séparait de ses musiciens. Nouvelle réaction hystérique. Mais l’accouchement est plutôt ‘douloureux’. On croyait le gaillard guéri des facéties guignolesques qui le caractérisaient ; mais force est de constater que sa tignasse est encore plus exubérante qu’auparavant et le contraste entre son look et celui du reste de la troupe est saisissant. Il est vêtu complètement de noir. De la tête aux pieds. ‘I am the boss’ ! Le rose n’est plus de mise…
Dès le second titre, caché derrière ses lunettes de soleil, il se fend d’un solo dont il a le secret, démontrant par la même occasion qu’il est probablement un des meilleurs guitaristes de l’Hexagone. Lorsqu’il interprète « Hold up » (emprunté à son papa), la mise en scène est saisissante ; on assiste quasiment à un court métrage au cours duquel les musiciens deviennent acteurs. Même le préposé à la sécurité y joue un rôle. Le braquage se termine par la mort des deux complices qui s’écroulent sous les balles de la police et tombent raides-morts parmi les spectateurs des premiers rangs. Génial !
Un changement de costumes s’impose pour la suite des événements. De quoi aligner une série de titres notoires durant lesquels les fans sont invités par Mathieu à reprendre les refrains ou à l’accompagner, même sans aucun support musical. Et ils s’en donnent à cœur joie. La moitié du show est largement dépassée, lorsque les premiers accords de « Je me démasque » retentissent. Sur un texte de sa grand-mère, Andrée, -M- décide de passer à l’acte. C’est le moment choisi pour abandonner définitivement son accoutrement de ‘bête de scène’ et redevenir lui-même. Enlevés le postiche capillaire et les lunettes de soleil. Face à nous se dresse maintenant l’homme tel qu’il est. Le chanteur dans toute sa sensibilité, son humour, sa fragilité. Une seconde (re)naissance !
Et c’est reparti pour une série de standards du style « Le complexe du corn flakes » avant de quitter une première fois le podium. Le public en redemande (évidemment) et la troupe ne se fait pas prier trop longtemps pour faire sa réapparition et nous interpréter trois titres dont le sublime « Onde sensuelle » avant une chorégraphie (croit-on) finale assez surprenante de la part de tous les membres de sa ‘famille’.
Deuxième rappel et Matthieu s’exécute en duo avec sa petite sœur Anna pour « L’élixir », splendidement proposé en ‘deux voix’ ; interprétation soutenue par les membres de Gush pour les chœurs (NDR : bel hommage pour ces jeunes artistes programmés en première partie).
Non encore repue, l’assemblée en réclame une dernière de la part de son favori qui se plie volontiers à la demande. Et c’est un troublant « Lettre à Tanagra », chanson dans laquelle il prononce les mots 'J'aime ton cul', qui clôture une soirée où chacun aura trouvé son bonheur tant du côté scène que du côté public, conquis dès avant l’entame de cette représentation !!!
A ne louper sous aucun prétexte si vous en avez (encore) l’opportunité…
(Organisation : Agauchedelalune + Aéronef)

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