Il est 19h30, et on dénombre encore moins de monde qu’hier à l’Aéronef. Heureusement, tout comme la veille, la salle va se remplir progressivement, n’atteignant cependant, en fin de soirée, que les deux-tiers de sa capacité. Faut dire aussi que l’affiche ne propose pas de hype comme The Vaccines. Tant pis ou tant mieux, on aura ainsi tout le loisir de faire des découvertes.
The Bots est un duo californien (NDR : de Los Angeles, très exactement) qui réunit deux frères, Mikaiah en Anaiah Lei. Le premier, c’est le plus jeune. Il est âgé de 15 ans et se réserve les drums. Le second en à 18. Il se charge de la guitare et accessoirement des bidouillages, à l’aide d’un mini-pupitre (NDR : c’est la mode !) Le plus amusant dans l’histoire c’est que si le batteur arbore une coiffure digne de Jimi Hendrix, c’est le gratteur qui semble hanté par le ‘sixcordiste’ mythique. La prestation est solide, mais Anaiah n’utilise pas suffisamment ses grosses cordes, comme Jack White. Et le résultat est bien trop aride pour vraiment convaincre. Moralité, il leur faudrait un bassiste… On épinglera quand même la performance de l’éclairagiste qui est parvenu à communiquer une impression de flamme aux rampes verticales du light show. …
La jeune chanteuse Natalie Bergman et son frère Elliot, multi-instrumentiste, forment l’ossature de Wild Belle, une formation chicagolaise qui pour sa tournée à engagé un drummer, un bassiste et un claviériste/guitariste plutôt doué. C’est d’ailleurs souvent ce dernier qui va marquer la prestation de son empreinte. Mais on ne peut pas dire que les autres vont lui emboîter le pas. Blonde, Natalie est très jolie. Elle a une voix très douce, mais elle est mortellement statique. Son frère Elliot, joue aussi des claviers et du saxophone. Il a de très longs cheveux et des lunettes fumées, mais ce n’est pas John Helliwell. Encore que lors des premiers morceaux, j’ai parfois eu l’impression de replonger dans l’univers le plus pop de Supertramp. Ce n’est qu’en milieu de parcours que le band va enfin trouver sa vitesse de croisière, en dispensant une forme de reggae/dub bien plus convainquant. M’enfin, pas de quoi fouetter un chat, même sauvage…
Willy Moon, alias William Sinclair, est néo-zélandais. Il est né à Wellington, mais vit à Londres depuis quelques années. Son look est stupéfiant. Sa taille impressionnante. Costard noir en tergal, chemise blanche, il a les cheveux gominés. Il possède une voix de crooner très fifties. Et ce soir, il est accompagné d’un drummer, d’un préposé au (large) pupitre et d’une guitariste. Vêtue de noir, le pantalon hyper moulant, Marlies Dekker affiche une beauté mystérieuse, sensuelle, lunaire (?!?!), presque gothique. Sa guitare est par contre de couleur blanche. Tout un jeu de contrastes qui sied bien à leur musique, fruit d’un mélange improbable entre rockabilly et hip hop. Encore que ce hip hop soit dispensé de manière très judicieuse voire parcimonieuse. Au cours de son set, Willy nous propose une version plutôt malsaine de son hit, « Yeah Yeah », et puis un cover du célèbre « I put a spell on you » de Screaming Jay Hawkins. Confortant mon idée que ce show est quelque part hanté par les Cramps. Bref, la bonne surprise de ce festival et un artiste que je retournerai certainement voir en concert.
Michael Kiwanuka est chanteur/compositeur britannique. Sur scène, il s’accompagne à la guitare. Sèche ou électrique suivant les circonstances. Il est soutenu par un backing band extrêmement solide et talentueux. Il possède une voix remarquable. Taillée pour la soul. Et de soul, il en sera question tout au long de son set. Même quand il reprend le « May this be love (waterfall) » de Jimi Hendrix, musicien qu’il cite volontiers comme source d’inspiration. Encore que Bill Withers et Otis Redding me semblent des références plus évidentes chez cet artiste. Quant aux interventions rognées de l’orgue du claviériste, elles nous renvoient manifestement chez Booker T. Ce sont d’ailleurs les moments que j’ai le plus appréciés. Au vu de la réaction du public, les amateurs du style ont sans doute dû avoir vécu un concert de rhythm and blues, sous sa forme la plus pure. Mais difficile d’accrocher quand on est peu réceptif à la soul… (Setlist : « I’ll get along”, “Tell me a tale”, “Worry walks”, “Bones”, “May this be love”, “I’m getting ready”, “Rest”, “New tune”, “Home again”, “If you’d dare” + “Extra song”)
(Organisation : Les Inrocks et l’Aéronef)
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