2012 célèbre donc le 25ème anniversaire du festival des Inrocks. Cette nouvelle édition, programmée du 5 au 13 novembre, s’arrêtait donc à Paris, Lyon, Nantes, Marseille, Toulouse et Lille. Et vu la proximité, c’est à l’Aéronef de Lille que Musiczine a couvert l’événement, ces jeudi 8 et vendredi 9 novembre. Peu de monde pour applaudir Poliça, lorsqu’il monte sur les planches, à 19h30. Un auditoire qui va progressivement gonfler, pour finalement bien investir les lieux, afin d’assister au set de The Vaccines.
Poliça nous vient de Minneapolis. Le line up réunit deux drummers, un bassiste, et une chanteuse qui bidouille régulièrement un petit pupitre électronique. Sur disque, la voix de Channy Leanagh est martyrisée par un vocodeur. Sur les planches, on est vraiment surpris par son timbre presqu’angélique. Mince, pour ne pas dire maigre, elle arpente le podium de long en large. Son bassiste, également très bon vocaliste, lui donne parfois la réplique au chant. De leur demi-heure de prestation, on retiendra surtout deux compos : « Dark Star » et « Wandering Star ». Pour le reste, si la formule est originale, le recours à deux batteurs me semble inutile, surtout si c’est pour jouer la même partition. Remplacer un de ces musiciens par un percussionniste pourrait certainement apporter davantage de profondeur à leur musique…
Place ensuite à la bonne surprise de la soirée : Phantogram. Un duo formé par Sarah Barthel et John Carter. Le couple se partage les vocaux. Sarah se charge des synthés et John de la guitare. En ‘live’, ils sont soutenus par un drummer. Sarah est une très jolie fille. Très sexy aussi. Toute vêtue de cuir. Noir, comme sa chevelure. Derrière son mini pupitre, elle entretient les couches de sonorités ‘noisy’. Sa voix est claire, mais aussi bien capable de se fondre dans la douceur que de libérer ses instincts sauvages. John dispense des accords de gratte, le plus souvent, tintinnabulants. ‘Shoegaze’ aussi. Tel un ouragan, ce mélange d’électronique et d’organique dévaste tout sur son passage. Le groupe n’est pas new-yorkais pour rien. On en est encore soufflé…
Fondé par le chanteur Asca Taccone et le drummer Matthew Compton, Electric Guest a été rejoint par les frères Todd et Torry Dahlhoff, respectivement bassiste et claviériste, en 2011. Paru cette année, son premier opus, « Mondo », a bénéficié du concours de Danger Mouse, à la production. Première constatation, Asca n’est pas plus grand que Prince. Et sa voix de ténor est capable de passer en falsetto, à l’instar du kid de Minneapolis. Il se déplace sur l’estrade un peu à la manière d’un crapaud, et vient de temps à autre pianoter sur un clavier. Le répertoire d’Electric Guest oscille entre compos pop et ballades mélancoliques, des chansons trempées dans une soul un peu rétro. Quant aux lyrics, ils traitent de la solitude et du déchirement entre les aspirations artistiques du vocaliste et son confort matériel. Qui ne devrait pas trop tarder à lui ouvrir les bras, tant la musique de la formation de Los Angeles est formatée pour la bande FM.
Il revenait à The Vaccines de clôturer la première journée du festival. A ce moment de la soirée, la salle est enfin comble. Un quatuor londonien qui fait le buzz, en Grande-Bretagne, depuis l’an dernier. Et pourtant on ne pas dire que leur musique soit novatrice. Puisant ses sources aussi bien chez The Strokes, The Ramones et Jesus & Marychain, elle me fait plutôt penser à celle des Arctic Monkeys. Surtout en live. Physiquement, le guitariste ressemble à Paul Simonon (NDR : même dégaine en plus), alors que le bassiste a le look pour postuler chez les Datsuns. The Vaccines va nous livrer un set de 55 minutes bourré d’énergie, puisant son répertoire au sein de ses deux premiers opus (« Come of age » et « What Did You Expect From The Vaccines? »). Bourré d’énergie, très rock’n’roll, mais bien balancé, démontrant que l’expérience acquise au fil des concerts, commence à payer. D’ailleurs le public ne s’y est pas trompé en acclamant leur prestation. Un reproche ? Ben oui. Après le morceau final, le combo s’est barré. Pas un signe, pas un merci. De quoi court-circuiter l’idée même d’un éventuel rappel. C’est sans doute ce qu’on appelle l’attitude punk…
(Organisation : Les Inrocks et l’Aéronef)
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