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Dour festival 2008 : vendredi 18 juillet

Écrit par - Johan Meurisse et Céline Fion -

Deuxième jour de festivités et horreur : on a perdu le ciel ! Plafond de nuages et murs du son : une architecture qui semble convenir aux résidents. Les festivaliers sont nombreux et la programmation bien construite. De courses de scènes en scènes en ravitaillement, voici les temps plus ou moins forts de ce vendredi.

My Mortality ouvrait les hostilités sur la scène Eastpak. Débarqué en emportant ses influences à la Alice in Chains, Staind ou encore Stone Temple Pilots, le groupe allie rock groovy grunge et métal sans jamais arriver à la cheville de ses références. La monotonie s’immisce faute d’inspiration dans ce set sans âme. Notons néanmoins les intéressants « Swallowing my gun » et « Pulling me down » et le public restreint –à peine 200 festivaliers les yeux pleins de sommeil– qui n’a pas aidé à relever le niveau de la performance.

Du beau monde au Marquee ce vendredi, à commencer par The Germans qui offre un exaltant mélange de rock de punk et d’électro. En fermant les yeux on pouvait presque imaginer Girls Against Boys, Barkmaket, The Pixies et les Liars réunis sur une même scène.

Pour assurer le live, le groupe sort l’artillerie lourde et leur box-officé « Elf shot lame witch ». Nous avons attrapé au vol « Your DNA » et les rifs nerveux de Cauwels, l’habillement construit « Carolife Dasy » et la reprise de The Jesus Lizard, « Waiting for the band ». Le chapiteau a acclamé « Witch », « Lame » ou encore « Lalaliar » mais a surtout salué l’originalité maîtrisée des Germans qui ont offert un show à la hauteur de leur répertoire.

Ultraphallus, le nom avait le mérite d’intriguer une foule de non-initiés. Meonnu, le quatuor brusselo-liégeois était pourtant venu défendre son second album : « The clever ». Association hasardeuse d’un micro braillard, de basses profondes et d’intrigants passages au clavier sur fond de batterie répétitive, les Ultraphallus oscillent de l’érection prometteuse à la parfaite débandade. Souvent étranger aux concepts de subtilité et de nuance, le travail de ces Wallons n’est pourtant pas à rejeter. Retenons quelques bons morceaux et attendons la suite…

Deux-tiers de McLusy et un de Jacrew, sous vos applaudissements montent sur les planches Future Of The Left ! Le gros des fêtards se réveille et le trio de Cardiff prêche son rock destoy au Marquee. Ils reviennent plus psychédéliques qu’avant mais toujours aussi habiles quand il s’agit de faire vibrer les cordes. Les ‘addicts’ des deux groupes défunts sont rassurés, les autres suivent le rythme. Une prestation noisy mais bien dosée à l’image de leur album « Cursus ».

Les festivaliers du Marquee se sont laissé emporter par la prestation du trio belge de Triggerfinger et de son nouveau bassiste. Alternant tubes et nouveautés, le groupe voyage aisément de « What grabs ya ? » à « First taste » ou « On my knees ». Joli clin d’œil à ZZ Top avec ce show retrorock’n’roll sans concession.

Déboulant de San Diego après avoir opéré un passage remarqué au Cactus Festival une semaine auparavant, Pinback crée une ambiance remplie d’étoiles avant l’heure. La plaine de la Red Frequency se love dans les chansons intimes et mélancoliques qui ne manquent pas de rappeler Pavement. A la fois charismatique et un peu gauche sur la grande scène, Pinback séduit et chaque morceau est savouré, des connus « Penelope », « Tripoli » et « Loro » aux nouveautés charmeuses.

Après le calme, la tempête et un enchaînement fort en gueule sur la Last Arena. Les régionaux de l’étape, Do or Die, franchissaient le col de la machine à feu pour la cinquième fois et n’en ont pas gardé sous la pédale. Plus percutants que jamais depuis « Pray For Them », les Montois ont ouvert dignement la scène hardcore de ce vendredi.

Un Agnostic Front plus tard, la Last monte encore en puissance. Et pur cause, Life of Agony, le mythique groupe new-yorkais a craché sa puissance retrouvée dans des enceintes gonflées à bloc. Bravant tous les dangers pour leurs tympans, les festivaliers se sont déplacés en masse pour jouir de cette belle exclusivité belge. Forts de l’association de personnalités marquées, de textes groovy et de mélodies travaillées, les monstres sacrés sont bel et bien vivants. Les infatigables phénix offrent un show qui laissera des traces même si Keith Caputo –fortement alcoolisé selon ses dires– semble négliger une partie de son potentiel et malgré quelques défaillances techniques.

Nouveau changement radical de rythme… The Notwist était sur la Red Frequency. Depuis leur passage au festival l’an dernier, les Bavarois ont accouché du pertinent « The Devil, You + Me ». Si la météo nous a épargné une pluie baptismale, l’assemblée a salué la naissance du petit dernier tant désiré. Fidèles à leur électro-pop onirique les frères Acher ont charmé la plaine dans un set à la pointe du délire technologique.

Le jour est tombé sur un des grands moments de cette édition. Résolument décalés, les quatre alchimistes de Battles ont confirmé leur  talent à enchanter là où d’autres auraient agacé ou laissé de marbre. Rencontres improbables de sons ronds et décharnés, savant dosage de rythmes pénétrants… Un vrai beau moment qui invite à clôturer là-dessus, abandonnant la foule qui hurle en attendant l’arrivée de Wu-Tang Clan et quitte à renoncer aux sets prometteurs de Boys Noize et consorts…

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2008-07-18
  • Festival Name: Dour
  • Festival City: Dour
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