Ce jeudi 17 juillet 2008, la Belgique n’a toujours pas de gouvernement. La pluie est persistante et le climat politique tout aussi maussade et pessimiste. Qu’importe pour les 36.000 festivaliers qui ont décidé d’être de la partie pour cette 20ème édition du festival de Dour. Pour eux les mots d’ordre durant 4 jours seront : vie en communauté, fête et musique à gogo.
Pas question de problèmes communautaires pour les Wallons, Flamands, et Français en grande partie. On croise même des Hollandais, des Italiens, des Anglais, voire des jeunes gens originaires des pays de l’Est, pour les plus acharnés. Dès la veille, ils ont rejoint le camping en masse. Un camping toujours impressionnant et agrandi cette année (qui a dit que les organisateurs n’avaient fait aucun effort pour cette 20ème édition ?).
Autre effort notoire : l’ouverture anticipée de ce camping le mercredi. (NDR : cette initiative judicieuse a permis de limiter les files d’accès, le jeudi !) Et si nous n’étions pas encore sur place ce mercredi, les échos recueillis étaient plutôt positifs. Les organisateurs avaient en effet réservé quelques surprises comme un concert de Bjorn Again. Devant la grande scène les punks se mélangeaient aisément aux habitués des dancefloors, pour participer à d’interminables farandoles. Le tout sur des reprises d’Abba. On vous laisse imaginer ! Ca aussi c’est l’ambiance décalée de Dour !
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Notre journée débute vers 16 heures, par le set des Gallois Neon Neon. Ce nom étrange rend hommage aux 80’s. Impression confirmée à l’écoute de leur électro au sein de laquelle une ligne de guitare navigue quelque part entre New Order et les Buggles. A la base, le duo réunit le producteur Boom Bip et Gruff Rhys, le chanteur de Super Furry Animals. Pour la circonstance, il a été renforcé par de nombreux ‘guests’. Dont la charmante Cate LeBon (n’oubliez pas de jetez un œil à notre section photo les mecs) en backing vocals, qui ajoute de la finesse à une électro parfois minimaliste, voire ‘has been’. Mais pour une mise en bouche, le set reste maîtrisé et agréable à écouter.
Pas de temps à perdre, comme souvent à Dour quand les groupes que l’on aime se succèdent. The Teenagers montent déjà sur les planches de l’Eastpak core stage. Un chapiteau déjà bien rempli, sans doute à cause de la pluie qui commence à tomber. Histoire de prendre une longueur d’avance, les Français débutent leur prestation par le single « Starlett Johansson », qui trotte dans toutes nos oreilles, après avoir été balancé en masse sur nos ondes FM. Ce trio français a eu la bonne idée de migrer à Londres et d’y croiser le producteur des Kooks. Ils sont jeunes, plus vraiment ados comme leur nom l’indique, mais quand même. Et pourtant sur scène, ils font déjà preuve d’une belle maturité. Un groupe à suivre dans les années à venir donc.
De nombreux fans de punk/ska auraient aimé voir les Américains déjantés de Voodoo Glow Skulls mais ceux-ci avaient annulé quelques semaines avant le festival, et été remplacés par Burning Heads. ‘Nous avons été invités en dernière minute mais nous sommes vraiment heureux d’être là’ précise le batteur en début de concert. Le public aussi visiblement, et les premiers pogos sont lancés. Originaires d’Orléans, les Burning Heads sont l’une des figures de proue du punk/rock français. Un punk souvent limité à quelques accords et à des refrains simplistes, mais plein d’énergie. Contrairement à leurs débuts, les Burning Heads ont la bonne idée de ne plus tomber dans le piège ‘ramonesque’ et ajoutent savamment quelque touches de reggae pour calmer nos esprits et refroidir nos muscles, avant de repartir de plus belle.
Retour sur la grande scène, qui peut décidemment être cataloguée en grande partie de ‘pop-rock’ dansant ce jeudi. Puisque Foals, puis The Hoosiers, deux formations anglaises dans le vent s’y succèdent. Ces deux formations réussissent à attirer (enfin) un peu de monde, mais ont tendance à lasser sur la longueur. L’auditeur a rapidement l’impression de se replonger dans le concert de The Rapture, présent un an plus tôt sur le même podium. Et l’on éprouve un sentiment de déjà vu voire de déjà entendu, rencontré chez des dizaines d’autres groupes du même genre.
Toujours dans le même style mais bien plus originaux, les Norvégiens de The Withest Boy Alive se démarquent par leur look décalé. Mais aussi par une allure décontractée, voire lymphatique. Mais comme par magie ou parce que l’heure avance, le public s’enflamme davantage et l’ambiance monte encore d’un cran. A la tête du groupe, Erlend Oye avait déjà collaboré auprès de Röyksopp et fondé Kings of Convenience. Il a l’air vraiment dans son jus. En plus il est sympa, ce qui ne gâche rien. Tout comme la formation d’ailleurs qui communique rapidement sa bonne humeur aux premiers rangs. Tel un vent frais (ces harmonies !) qui se met subitement à souffler en pleine canicule, la prestation de ces Whitest Boys Alive reste l’un des points positifs de cette journée.
A l'inverse, le concert frileux de Goldfrapp a déçu. Traditionnellement provocante et ondulante, Alison, toute de blanc vêtue a des allures de vestale dans ses drapés, mais sans aura. Aussi, le public s’endort. Seul le « Ooh la la » parvient à rallumer provisoirement une assemblée éteinte par la pluie et le manque de relief du set.

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