Pour ma première participation au Cactus, je dois avouer être tombé sous le charme de ce festival. Ambiance décontractée, cadre sympathique et programmation à la hauteur. Que demander de plus ? A contrario du Main Square d’Arras, auquel j’avais assisté la semaine précédente, celui de Bruges a le mérite de rester à dimension humaine. Mais malgré cet aspect convivial, l’édition 2009 a tout de même battu son record d’entrées, en enregistrant plus de 27.000 spectateurs !
Après avoir fait l’impasse sur la prestation de Joe Gideon & The Shark, pour cause d’arrivée quelque peu tardive ; c’est avec joie que je retrouve 65daysofstatic. Fabuleux groupe de scène, les Anglais font honneur à leur réputation en dispensant, à mes yeux et mes oreilles, le meilleur concert de la journée ! L’énergie, la puissance scénique et les compositions, tout y est pour séduire un public déjà présent en masse. Leur mélange de post-rock rageur et d’électro fait des ravages. C’est un véritable mystère que ces natifs de Leeds peinent à percer hors des frontières anglaises et belges…
Grosse pression pour le groupe suivant après une prestation si solide ! The Black Box Revelation y parvient pourtant haut la main. Une semi-révélation (!!!) pour ce duo flamand considéré comme un excellent groupe de scène. Jan Paternoster possède des qualités vocales indéniables. Leur rock ’n roll est énergique à souhait et impressionne un public qui en redemande. Il n’est pas trop éloigné de celui des White Stripes. Au vu de leur prestation, on comprend pourquoi dEUS les avait choisis comme première partie lors de leur dernière tournée et pourquoi le tandem a récemment gagné l’Humo Rock Rally.
Davantage de douceur lors de la prestation de Joan As Police Woman. Le début du set de la très séduisante New-yorkaise est un peu poussif et plat ; mais la compositrice américaine relève joliment la barre lors de sa deuxième partie de parcours. Ses qualités vocales sauveraient de toute façon un concert, même moyen.
Les Cold War Kids sont en retard. Des soucis de soundcheck ! Heureusement ces problèmes ne vont pas les empêcher de livrer un show plus que convenable. L’émotion se dégageant de leurs chansons est toujours aussi omniprésente et palpable. Leur rock teinté de soul écorche et séduit en même temps. J’assiste néanmoins à leur prestation en dilettante, afin de visiter quelque peu les lieux. Etape nécessaire et indispensable lors d’escapades festivalières.
Un nombre impressionnant de spectateurs se sont agglutinés devant le podium. Supergroupe américain formé par les vétérans Mark Lanegan et Greg Dully, The Gutter Twins va bientôt monter sur les planches. Pour l’occasion, les jumeaux se produisent en trio (le guitariste Dave Rosser les accompagne). Pendant une bonne heure, leur set acoustique comble les fans mais séduit aussi le reste de l’audience. Les Gutter Twins ont même droit à une ovation lorsqu’ils entament « God’s Children ». Le groupe entame à Bruges leur première date d’une mini-tournée des festivals européens. Leur prestation est excellente. Faut dire que les magnifiques voix des anciens leaders d’Afghan Whigs et des Screaming Trees se conjuguent parfaitement en harmonie. Bien sûr, leur musique s’exprimerait probablement encore mieux en salle. Rien de neuf à l’horizon ; c’est une remarque récurrente lors des festivals !
La star flamande Novastar s’est fendue d’une prestation honorable. A l’image de sa musique : relativement ennuyeuse. Joost Zweegers honore toutefois son répertoire de très belle manière. Le public brugeois apprécie ; mais je ne connais pas suffisamment les compos de ce combo pour pouvoir adhérer complètement à son show. Certaines chansons comme « Mars Need Woman » ou « Never Back Down » sortent néanmoins du lot.
A l’issue du concert de la star flamande, la fin de soirée approche à grand pas pour votre serviteur. Et je n’ai pu malheureusement suivre attentivement la prestation du ‘Modfather’, Paul Weller ! La journée avait été un peu trop arrosée… Dans ces conditions, difficile de rédiger un compte-rendu objectif. Heureusement Sam veillait au grain…
Paul Weller n’a pas déçu. Flanqué d’un backing group, il a joué avec sa dose habituelle et nécessaire de ferveur pour interpréter les compos de son dernier et brillant opus, « 22 dreams ». Il a également puisé dans le répertoire de Style Council dont un « Shout to the top » plein d’âme et celui de Jam, en concédant un « Eton rifles » percutant et vigoureux. Parmi ses compos les plus anciennes et ouvertes à l’impro on retiendra surtout « Porcelain gods » et l’inévitable « Changingman ». Le classique intemporel « Wildwood » a été imprimé sur un tempo plutôt original. Ses interprétations sont imprévisibles mais talentueuses. Il n’est jamais sur pilotage automatique. C’est ce qui fait sa force et ce qui explique pourquoi on aime Weller. Ainsi ce soir, il n’a pas opté pour une setlist de « Greatest hits ». Et les véritables aficionados ont vraiment apprécié sa démarche. Weller était la tête d’affiche de cette soirée, et il a remarquablement défendu son statut. Un des meilleurs concerts du festival, assurément ! (Sam De Rijke ; adaptation B. Dagnies)

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